Rennes : Comment marche le célèbre MUR de street art de la rue Vasselot ?

STREET-ART Chaque mois, un nouvel artiste de rue est amené à s’exprimer sur ce mur géré par une association d’amateurs d’art urbain qui fait sensation sur les réseaux sociaux

Camille Allain
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Inaugurée dimanche, la 22e œuvre du MUR de Rennes est signée Mardi Noir.
Inaugurée dimanche, la 22e œuvre du MUR de Rennes est signée Mardi Noir. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • A Rennes, le MUR de street-art installé rue Vasselot a reçu sa 22e œuvre ce week-end avec la venue de l’artiste Mardi Noir.
  • Inspiré d’un premier mur ouvert à Oberkampf, à Paris, ce concept s’est développé un peu partout en France.
  • L’association qui le gère à Rennes espère amener une rencontre entre les artistes et les habitants, qui peuvent découvrir le processus de création en direct.

A chaque changement d’œuvre c’est le même refrain. Sur les réseaux sociaux, les images du MUR de la rue Vasselot affluent pendant quelques jours pour saluer la nouveauté, avant de se calmer. Puis de s’exciter de nouveau le mois suivant quand un artiste vient recouvrir le travail de son prédécesseur. A l’inverse des « murs ouverts » sur lesquels tous les artistes de rue ont commencé, le MUR de la rue Vasselot est régi comme un espace d’exposition, sorte de musée à ciel ouvert, installé sur le trottoir d’une rue festive du centre-ville de Rennes.

Inspiré du Mur d’Oberkampf, à Paris, cet espace est géré par une association qui en assure la programmation depuis 2019. « On ne fait pas ça forcément pour que ce soit beau. Plutôt pour laisser aux artistes la possibilité de faire passer un message. C’est une proposition différente des murs ouverts puisque chaque œuvre a une date de début et une de fin. Mais on garde ce côté éphémère de l’art urbain, qui disparaît de la ville », explique Patrice Daniello.

« L’envie première, c’est de créer l’échange entre l’artiste et les habitants »

Le président du MUR (pour Mobile urbain et réactif) est un passionné d’art urbain. Soucieux de faire sortir les œuvres des seuls musées ou salles d’exposition, il a eu l’idée d’installer ce grand panneau après une visite sur le site d’Oberkampf à Paris, où le projet est né en 2003 après une offensive d’artistes pour recouvrir des panneaux publicitaires.

Le MUR de Rennes a accueilli l'œuvre du street-artist RNST en mars. Un message assumé disant non à la guerre.
Le MUR de Rennes a accueilli l'œuvre du street-artist RNST en mars. Un message assumé disant non à la guerre. - J. Gicquel / 20 Minutes

Depuis, d’autres murs du même genre ont ouvert à Nancy, Strasbourg, Marseille ou encore Grenoble. « L’envie première, c’est de créer l’échange entre l’artiste et les habitants. Les gens peuvent venir les voir travailler, discuter, découvrir le processus créatif en direct. C’est assez rare », poursuit Patrice Daniello. « C’est un truc particulier. J’ai mis du temps à m’y habituer. Mais ça permet d’échanger. Il y a plein de gens qui connaissaient mon travail qui sont venus me voir, presque un côté fan », raconte RNST.

Grands noms ou petits nouveaux… tout le monde est payé pareil

En mars, c’est lui qui avait fait briller le mur en signant l’une des plus belles œuvres de l’histoire de cette toile de rue. Un visage de femme le regard fuyant, le visage caché d’un foulard rouge et un slogan fort qui disait « No War » alors que les troupes russes envahissaient l’Ukraine. « C’est une œuvre que j’avais réalisée en soutien à une famille irakienne qui était menacée d’expulsion. J’ai juste changé le slogan. C’est assez illustratif mais chacun est libre de l’interpréter comme il le veut ». Ce n’est pas la première fois que le street artist de Dijon expose sur un MUR Dans la capitale de Bourgogne, c’est même lui qui en a assuré la création.

Inauguré en 2019 par le célèbre Blek le Rat, devenu parrain de l’association, le MUR de Rennes a reçu samedi et dimanche l’artiste Mardi Noir, qui sera le 22e à s’y coller. Avant lui, quelques noms célèbres ont défilé : l’énigmatique War, évidemment, mais aussi le talentueux Aero ou encore le pionnier Speedy Graphito. Peu importe leur renommée dans le milieu, tous ont reçu le même cachet pour leur travail. « On a énormément de demandes qui nous arrivent. On a aussi des gens qu’on sollicite qui nous disent non. Notre objectif, c’est de varier, de montrer toutes les facettes de l’art urbain. Du collage, du pochoir, de la bombe… C’est très riche », rappelle Patrice Daniello. L’œuvre achevée dimanche par Mardi Noir sera visible un mois. Avant d’être recouverte et de disparaître du paysage rennais. Elle restera dans les mémoires. Et sur les réseaux.