Rennes : L’impôt sur les déchets va augmenter… Voici ce que vous allez payer

FISCALITE La fermeture de l’usine d’incinération de Villejean pendant dix-huit mois va faire exploser la facture de traitement des ordures ménagères

Camille Allain
La taxe d'enlèvement des ordures ménagères va augmenter à Rennes Métropole, notamment pour couvrir la hausse du prix du gaz qui fait rouler les camions poubelles.
La taxe d'enlèvement des ordures ménagères va augmenter à Rennes Métropole, notamment pour couvrir la hausse du prix du gaz qui fait rouler les camions poubelles. — C. Allain / 20 Minutes
  • La métropole rennaise a voté en faveur d’une augmentation de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères jeudi soir.
  • Après avoir baissé à deux reprises, l’impôt doit être relevé pour faire face à l’arrêt provisoire de l’incinérateur de Villejean, en travaux.
  • Chaque foyer de la métropole paiera en moyenne 20 euros de plus par an, même si des disparités existent entre les 43 communes.

Il n’avait pas augmenté depuis plus de dix ans. C’est même le seul impôt qui avait baissé, et à deux reprises, pour saluer le « comportement vertueux des habitants » de la métropole rennaise, qui font partie des Français les plus exemplaires sur le tri des déchets. Mais la réalité de 2010 n’est pas celle de 2022. A Rennes, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) va bientôt augmenter pour les 450.000 habitants de la métropole. Réunis en conseil jeudi soir, les élus de l’agglomération ont adopté la revalorisation du taux de 5,7 à 7,5 %, soit une hausse de 1,8 point. « Nous avons essayé de faire au plus juste. On reste toujours en dessous de ce qu’elle était il y a plus de dix ans (8,4 %) », se défend Laurent Hamon.

Pour justifier cette hausse, le vice-président délégué aux déchets s’appuie sur un double constat. D’abord l’explosion du coût de l’énergie et notamment celle du gaz qui alimente les camions assurant la collecte des poubelles au quotidien. Mais surtout la mise à l’arrêt de l’usine de valorisation énergétique de Villejean qui prendra effet le 1er avril pour un chantier de rénovation colossal de dix-huit mois. Montant de l’investissement : 135 millions d’euros ! « C’est une dépense exceptionnelle qui nous oblige à un emprunt sur vingt-cinq ans. Mais c’est aussi le détournement de nos ordures qui va nous coûter cher ».

L'incinérateur de Villejean sera à l'arrêt pendant 18 mois, obligeant Rennes Métropole à exporter ses ordures ménagères ailleurs.
L'incinérateur de Villejean sera à l'arrêt pendant 18 mois, obligeant Rennes Métropole à exporter ses ordures ménagères ailleurs. - C. Allain / 20 Minutes

Pendant dix-huit mois, la métropole va « exporter » ses ordures ménagères par camion ailleurs en Bretagne et dans les régions limitrophes. 80 % de la masse sera incinérée mais 20 % devront être enfouis. L’arrêt de l’usine de Villejean constitue aussi un manque à gagner pour la métropole, qui chauffe une grande partie du quartier avec son incinérateur.

Le surcoût global est évalué à 28 millions d’euros. Pour y faire face, la collectivité n’avait d’autre choix que d’augmenter sa redevance, indexée sur la surface du logement, comme la taxe foncière. Tous les ménages verront donc leur facture augmenter dès cette année. En moyenne, on parle d’une hausse de 20 euros par an et par foyer, soit environ 130 euros pour les locataires et les propriétaires d’une maison.

La hausse sera plus importante pour ceux qui occupent une maison à Rennes (+40 euros) que ceux des petites communes comme Le Verger ou Miniac-sous-Bécherel. « Même en augmentant notre TEOM, on reste en dessous de la moyenne nationale (8,5 %) », tempère la métropole. Une hausse qui sera difficile à avaler pour les habitants, déjà confrontés à une flambée du coût de l’énergie et du carburant. Mais qui devenait inévitable au vu des investissements à mener.

Une baisse notable encore à accentuer

De 2010 à 2019, les habitants de la métropole ont fait baisser le poids de leur poubelle d’ordures ménagères de 4 % pour s’établir à 469 kilos, notamment grâce à l’élargissement des consignes de tri sélectif. Le nouvel objectif est encore plus ambitieux avec une baisse attendue de 12 % d’ici 2030 grâce à un gros travail de communication, au réemploi et à l’arrivée du compostage dans tous les foyers, même en appartement.