Rennes : En pleine transformation, Maurepas veut s’ouvrir sur la ville avec l’arrivée du métro

URBANISME Un important programme de réhabilitation est en cours dans ce quartier populaire de Rennes qui compte sur l’arrivée du métro pour devenir plus attractif et changer d’image

Jérôme Gicquel
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Construites à la fin des années 1950, les dix tours de Maurepas abritent 90 logements chacune.
Construites à la fin des années 1950, les dix tours de Maurepas abritent 90 logements chacune. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • A Rennes, le quartier populaire de Maurepas fait l’objet d’un vaste programme de rénovation urbaine.
  • A l’horizon 2026, les 900 logements qui composent les dix tours emblématiques du quartier auront été entièrement réhabilités.
  • Dans quelques semaines, le quartier, un peu enclavé, devrait également profiter de l’arrivée de la ligne B du métro pour s’ouvrir sur la ville.

Hautes de 16 étages, les dix tours sont visibles de loin dans la ville. Construites à l’identique à la fin des années 1950, elles sont le symbole du quartier de Maurepas, au nord-ouest de Rennes. Un quartier populaire d’environ 6.500 âmes qui pâtit souvent d’une mauvaise image en raison du trafic de stupéfiants qui y est bien ancré. Mais depuis quelques années, ce vaste ensemble, divisé en deux secteurs (Gros Chêne et les Gayeulles), se transforme en profondeur.

La ligne B du métro desservira les stations Gros Chêne et Gayeulles dans le quartier de Maurepas à Rennes.
La ligne B du métro desservira les stations Gros Chêne et Gayeulles dans le quartier de Maurepas à Rennes. - J. Gicquel / 20 Minutes

Inscrit parmi les quartiers prioritaires d’intérêt national, au même titre que le Blosne, il bénéficie pour cela du nouveau programme national de rénovation urbaine avec une enveloppe d’environ 550 millions d’euros qui a été allouée pour reconfigurer ces deux quartiers sur la période 2016-2026. Plutôt que de démolir les immeubles pour tout reconstruire, la métropole rennaise a misé dans le secteur du Gros Chêne sur la réhabilitation des logements qui sont presque tous à vocation sociale. « On ne pouvait pas réduire ce parc alors que la demande de logements sociaux explose », souligne Marc Hervé, premier adjoint chargé de l’urbanisme.

Un gros travail sur l’acoustique des logements

Depuis 2020, d’importants travaux ont donc été engagés sur deux premières tours situées le long du boulevard Emmanuel Mounier. A l’intérieur, tout a été repensé par le bailleur Archipel Habitat avec un gros travail sur l’isolation acoustique des appartements, le gros point noir de ces logements construits il y a plus d’un demi-siècle. Guillaume-Valentin peut en témoigner. « Ma maman habite dans l’une des tours et c’est l’enfer, elle entend tout ce qui se passe chez les voisins que ce soit la télévision ou le bruit de la chasse d’eau », indique-t-il.

La vieille dame devra encore s’en accommoder un peu car la rénovation des dix tours ne prendra fin qu’en 2026. « Ça va être long d’attendre mais cela vaut le coup je pense, cela va moderniser le quartier qui commençait à bien vieillir », espère Nestor, qui habite Maurepas depuis une dizaine d’années. Pour retrouver un peu de mixité sociale dans ces tours et accueillir des classes moyennes, une vingtaine de logements vont également changer de statuts et être proposés en accession aidée ou en location-accession.

L’arrivée du métro pour désenclaver le quartier

De nouvelles activités, commerces et services vont aussi pousser dans le quartier avec la rénovation complète du centre commercial du Gros Chêne dont la dalle, toujours aussi lugubre et mal fréquentée, sera totalement repensée. Un nouveau groupe scolaire ouvrira également ses portes en 2023 ainsi qu’une antenne du musée des Beaux-Arts à l’horizon 2026.

Plus près de nous, les habitants attendent surtout la mise en service dans quelques semaines de la ligne B du métro qui desservira les stations Gros Chêne et Gayeulles. « J’attends cela avec impatience car j’en ai marre de galérer tous les jours dans les bus », indique Katia, aide-soignante. « Cela va être un grand soulagement, le quartier va enfin s’ouvrir sur la ville », poursuit Nicole, qui sera « dans les premières à le prendre ».

Mais dans le quartier, tout le monde ne partage pas forcément son enthousiasme. « Beaucoup de gens ici vivent un peu enfermés, en vase clos, souligne Ilan. Du coup, l’arrivée du métro leur fait un peu peur, ils n’ont pas forcément envie de s’ouvrir aux autres ». Mais l’animateur de la Cohue, un tiers-lieu qui a ouvert fin 2019 à Maurepas, garde toutefois espoir. « J’espère que cela permettra aux habitants de sortir un peu du quartier. Mais aussi que les Rennais viendront découvrir notre quartier où il y a plein de belles choses à voir ».