Rennes : Girafe, zèbre, bison… Ces animaux naturalisés trouveront-ils preneurs ?

ENCHÈRES Une soixantaine d’animaux empaillés issus de la collection de Marc Beluet sont mis en vente et exposés jusqu’à jeudi sous la Halle Martenot

Jérôme Gicquel
Ce zèbre naturalisé sera vendu aux enchères à Rennes.
Ce zèbre naturalisé sera vendu aux enchères à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Environ 70 animaux naturalisés sont vendus aux enchères cette semaine à Rennes.
  • Ils proviennent de la collection de Marc Beluet, un conférencier-voyageur désormais à la retraite.
  • Si tout le monde n’a pas envie d’avoir un cadavre d’animal dans son salon, la vente aux enchères devrait tout de même attirer de nombreux collectionneurs.

Il annonce d’emblée au téléphone qu’il n’est « pas un collectionneur ». Dans le hangar de sa propriété, située à Segré-en-Anjou Bleu dans le Maine-et-Loire, Marc Beluet possède pourtant une collection qui ravirait n’importe quel muséum d’histoire naturelle. Pendant près de quarante ans, ce conférencier-voyageur a sillonné la planète, ramenant dans ses valises tout un tas d’objets pour enrichir ses expositions itinérantes sur l’histoire des Indiens d’Amérique, le mode de vie des Inuits ou la faune africaine.

De fil en aiguille, il a également accumulé plus de 80 animaux naturalisés. On retrouve dans son impressionnant bestiaire des espèces courantes en Europe comme le sanglier, le blaireau ou l’écureuil. Mais aussi des animaux plus exotiques venus d’Afrique ou d’Amérique du Nord comme une girafe, un hippopotame, un zèbre, un bison, un ours polaire et de nombreux singes, tous empaillés.

Envie d'un bison pour décorer votre salon ?
Envie d'un bison pour décorer votre salon ? - Rennes Enchères

« Ils proviennent presque tous du zoo de Thoiry en région parisienne où ils sont morts naturellement », indique Marc Beluet, qui a acquis une bonne partie de son troupeau d’animaux naturalisés auprès d’un collectionneur francilien. « Tout est en règle avec une traçabilité pour chaque animal que j’ai acheté, assure-t-il. On m’a bien sûr proposé au cours de mes voyages des animaux qui avaient été braconnés mais je n’ai jamais voulu en entendre parler, je suis absolument contre l’exploitation animale. »

Le symbole du mauvais goût décoratif

A la retraite, le septuagénaire n’a désormais plus d’occasion d’exposer ses animaux. Il y a quelques mois, il a donc pris la décision de s’en séparer. « Ce serait un cadeau empoisonné de léguer ça à ma femme ou à mes enfants », sourit-il. C’est à la maison Rennes Enchères que Marc Beluet a confié cette vente pour le moins atypique qui se tient jusqu’à jeudi dans la capitale bretonne (lire encadré). « Je n’ai aucune idée de ce que cela va me rapporter, assure-t-il. De toute façon, je ne fais pas ça pour l’argent. » Maître de cérémonie, la commissaire-priseuse Carole Jézéquel attend aussi avec impatience l’ouverture des ventes. Avec quand même une pointe de stress. « C’est un marché que je découvre donc il y a une forme de suspense pour savoir si cela va marcher », indique-t-elle.

Car posséder le cadavre d’un animal dans son salon à l’heure où la cause animale s’est imposée dans la société n’est pas vraiment tendance. Ce n’est pas non plus du meilleur goût question décoration. « Mais je suis sûr que ces animaux peuvent intéresser des décorateurs, des collectionneurs ou des musées », souligne la commissaire-priseuse.

Des collectionneurs en quête de trésors

Habitué de Rennes Enchères, Yannick Marie ne loupera pour rien au monde cette vente. Dans sa maison de Retiers, au sud-est de Rennes, ce collectionneur invétéré a transformé une pièce de 60 m² en un véritable cabinet de curiosités. Il y expose ses trouvailles chinées au fil des années dans les brocantes ou les vide-greniers. « Je suis un passionné d’histoire, toujours à la recherche d’un nouveau trésor », indique le quadragénaire.

Parmi les tableaux, les sculptures ou les pièces de monnaie, quelques animaux empaillés ont également trouvé place dans son musée. « Un faisan, un écureuil ainsi qu’un bébé requin conservé dans du formol que j’ai acheté dans un vide-grenier, chose impensable aujourd’hui », indique-t-il. Mercredi, il sera donc particulièrement attentif aux enchères. Avec bien sûr l’idée de se faire plaisir et d’enrichir sa collection. « Peut-être pas avec la girafe mais pourquoi pas une marmotte ! »

Un cabinet des curiosités sous la Halle Martenot

Rennes Enchères investit pendant quatre jours la Halle Martenot avec sa grande vente « Nature et merveilles ». Jusqu’à jeudi, le public pourra découvrir les animaux naturalisés qui seront exposés avant d’être vendus aux enchères mercredi en fin d’après-midi. Le lendemain, ce sont près de 300 objets d’art, également exposés sous la halle, qui seront vendus avec pêle-mêle des pièces de monnaie, des tableaux, des bijoux ou du mobilier ancien. Des visites guidées de groupes et de scolaires auront lieu pour découvrir tous ces trésors. Tarif : 2 € au profit d’une association pour la défense des animaux.