Rennes : « Le vol de vélo est un sport rennais »… Ces cyclistes qui ont perdu un, deux, trois vélos

VOTRE VIE VOTRE AVIS Troisième métropole française du baromètre des villes cyclables, Rennes souffre du vol de deux-roues. Un vrai frein à la pratique

Camille Allain
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Pour sécuriser les vélos, la métropole a mis en place des parkings sécurisés comme ici à la gare de Rennes.
Pour sécuriser les vélos, la métropole a mis en place des parkings sécurisés comme ici à la gare de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • A Rennes comme dans la plupart des grandes villes françaises, le vol de vélos est un véritable frein à la pratique.
  • Pour mieux cerner le phénomène, nous vous avons demandé de nous raconter vos expériences. Et de partager vos trucs et astuces pour éviter les vols.
  • L’assurance, l’achat d’un bon cadenas ou le gravage du vélo font partie des solutions avancées pour limiter le risque.

C’est un véritable fléau auquel bon nombre de cyclistes ont déjà été confrontés. Qu’ils soient bien attachés ou pas, les vélos sont régulièrement la cible de vols lorsqu’ils sont garés dans la rue, et même dans les garages. Alors que la demande de deux-roues est très élevée et que le marché peine à y répondre, certains individus mal intentionnés ont décidé de faire commerce des vélos volés, au grand dam de leurs propriétaires qui se retrouvent privés de leur monture.

A Rennes, le phénomène est connu depuis longtemps. Mais il perdure. D’après le dernier baromètre de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), c’est même l’un des principaux freins à la pratique à Rennes, qui se classe  troisième des métropoles cyclables. Pour en savoir plus sur le phénomène, 20 Minutes vous a donné la parole. Morceaux choisis.

Des vols, même en plein jour

C’était un matin de janvier, vers 11 heures. Caroline laisse son vélo électrique attaché sur la dalle du Colombier. A son retour, il n’était plus là. « En plein jour donc, à une heure de passage. J’avais attaché mon vélo avec un antivol mais ça n’a pas suffi. J’ai dû en racheter le jour même (1.400 euros, ça fait mal !) car je ne me déplace qu’à vélo. J’ai aussi perdu le panier, le siège bébé, la pompe, toutes les petites customisations et décorations ». Elle a investi dans un nouvel antivol à 50 euros. La même chose est arrivée à Laëtitia. « Le vol de vélo est un sport rennais ! Le mien a été volé en pleine journée, attaché par un U deux roues. La chance est que j’avais assuré mon vélo contre le vol, les dégradations ». Après une longue négociation, l’assurance lui a remboursé une partie du vélo. « J’ai pu en reprendre un qui cette fois-ci est équipé d’un système de traceur GPS, d’un système anti vol électronique ».

Un nouveau cadenas mais est-ce suffisant ?

Beaucoup de cyclistes ayant subi un ou plusieurs vols finissent par investir dans de meilleurs cadenas. Un achat coûteux mais nécessaire quand on veut protéger son bien, notamment quand il s’agit d’un modèle haut de gamme ou électrique. « C’est totalement dingue de constater qu’en trois minutes on peut se faire dérober son vélo en plein jour et à la vue de tous », témoigne Mikaël. « C’est assez flippant. Ça s’est passé devant le lieu de travail de ma femme en début de soirée avec pince pour supprimer l’antivol », évoque Benjamin, qui a déjà perdu deux bicyclettes en six ans.



Certains tentent de trouver une astuce, comme Gaëtan. « Je mets toujours deux cadenas quand je le laisse en ville près d’autres vélos. Je me dis que les voleurs devront passer deux fois plus de temps que sur les vélos d’à côté et du coup ben ils vont plutôt voler les autres ».

La difficulté de déposer plainte

Dans vos témoignages, la difficulté de porter plainte est récurrente. Bien souvent, la police n’a pas pris le temps de vous écouter, vous renvoyant vers l’outil en ligne (qu’il faut venir signer au commissariat par la suite). « Je n’ai pas porté plainte car j’ai un ami qui s’est fait rire au nez lorsqu’il l’a déclaré à la police parce que son vélo ne valait pas plus de 200 euros. Le mien valait encore moins que ça », raconte Baptiste. « Je n’ai malheureusement pas porté plainte car le commissariat a refusé de prendre ma déposition et ma plainte prétendant qu’il y avait trop de vols de vélos et que jamais je ne le retrouverai », se souvient Margot. « Ce fut la croix et la bannière pour déposer la plainte. Il a fallu faire quatre ou cinq allers et retours avant un soupçon de prise de plainte », raconte Bertrand. Ce dernier a cependant reçu une aide précieuse comme vous pourrez le lire ci-dessous.

Quand la police coince le voleur

S’il a eu du mal à convaincre la police, Bertrand a pu compter sur son aide précieuse pour coincer le voleur, qui avait mis sa bicyclette en vente sur Le Bon Coin moins d’une heure après l’avoir dérobée. Bertrand se fait passer pour un acheteur et fixe un rendez-vous avec l’homme. Alertée, la police lui assure qu’elle sera là. « Je vois un jeune homme, bien habillé, s’approchant avec mon vélo. Je lève donc un bras en l’air, signe que la BAC doit intervenir. Il est plaqué au sol en à peine cinq secondes ». Bertrand a ensuite dû prouver que c’était bien son vélo en donnant des signes distinctifs avant de pouvoir le récupérer. « Je ne suis pas découragé de refaire du vélo mais maintenant je l’ai fait graver bien visible sur le cadre (système Bicycode) et j’ai changé pour un cadenas plus solide ».

Tout le monde n’a pas cette chance. Lucie évoque son expérience avec amertume. « Je suis allée porter plainte deux fois, puisque je l’avais vu sur Le Bon Coin. Mais je ne souhaitais pas aller au rendez-vous seule. La police ne m’a pas aidée ».

Les vols, même dans les garages

Parmi vos témoignages, nombreux sont ceux qui évoquent le vol dans les garages, les box ou les parties communes des immeubles. Pierre-Jean s’en souvient. « Je me suis fait voler mon vélo dans le hall de mon immeuble, sur le quai de la Prévalaye. Les voleurs ont grimpé par-dessus la grille haute de 2 mètres. Ils ont coupé l’antivol qui était pourtant bien épais, et ont embarqué le vélo. Ce vol m’a longtemps dissuadé de racheter un vélo. J’ai fini par trouver une occasion qui me convenait sans trop attirer le regard ».

Combien de plaintes ont été déposées ?

Sur la zone police, on a comptabilisé 754 vélos volés en 2021, dont 69 lors de cambriolages. C'est moins qu'en 2020 où ce chiffre avait atteint 900 unités volés, dont 137 lors de cambriolages. Seuls quatre vols avaient eu lieu suite à des violences. Des chiffres qui donnent une tendance mais ne disent pas grand-chose de toute façon. Au niveau national, seuls 20 % des vols donnent lieu à un dépôt de plainte.