Belle-Ile : Un travailleur saisonnier jugé pour avoir occupé une résidence secondaire abandonnée

LOGEMENT Plusieurs collectifs appellent à un rassemblement, à Lorient, afin de dénoncer les difficultés que rencontrent les locaux pour se loger

C.A.
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Illustration du port de Sauzon, à Belle-Ile-en-Mer, en Bretagne.
Illustration du port de Sauzon, à Belle-Ile-en-Mer, en Bretagne. — Loïc Venance / AFP
  • Un travailleur saisonnier est jugé jeudi à Lorient pour avoir occupé une résidence secondaire à l’abandon à Belle-Ile-en-Mer.
  • Plusieurs collectifs appellent à un rassemblement pour soutenir Pascal, qu’ils considèrent comme « un lanceur d’alerte ».
  • Le nombre de résidences secondaires a été multiplié par trois en cinquante ans en Bretagne. Dans certaines communes, elles représentent plus de 60 % du parc immobilier.

Il s’appelle Pascal et a travaillé comme saisonnier cet été à Belle-Ile-en-Mer, petit joyau très touristique situé à quelques kilomètres au large de Quiberon (Morbihan). En juillet 2021, lui et deux camarades ont occupé une maison secondaire abandonnée située à Bangor, petit village, dans la partie sud de l’île. Six mois après cette occupation jugée illégale, le saisonnier est convoqué devant le tribunal correctionnel de Lorient pour répondre de ses actes. Mais il ne sera pas seul. A l’extérieur du palais de justice, plusieurs collectifs appellent à un rassemblement de soutien pour dénoncer « la crise du logement en Bretagne ».

Dans un communiqué diffusé il y a quelques jours, des collectifs comme Dispac’h décrivent Pascal comme « un lanceur d’alerte ». « L’occupation a été spontanément déclarée en mairie ainsi qu’à la gendarmerie, afin d’en faire une vitrine qui permette d’interpeller élus et pouvoirs publics sur la question du logement à Belle-Ile », expliquent les signataires.

Près de 60 % de résidences secondaires à Belle-Ile

D’après les données de l’Insee citées par le collectif, près de 60 % des logements de Belle-Ile étaient des résidences secondaires en 2018. Une tendance qui ne s’est sans doute pas améliorée avec les épisodes de confinement et l’arrivée de familles originaires des grandes métropoles dans ces lieux de charme que compte la Bretagne. « Chaque année, le déséquilibre augmente avec la multiplication de programmes immobiliers en faveur de résidences secondaires, la spéculation liée au tourisme », dénonce le collectif qui constate «une flambée des prix de l’immobilier».

Un rassemblement est organisé jeudi à 16 heures devant le tribunal correctionnel de Lorient. Le prévenu y sera jugé pour « soustraction frauduleuse d’eau et d’électricité » et « détérioration de biens », ce qu’il conteste, arguant que la maison avait été visitée avant son arrivée.

En Bretagne, depuis 1968, le nombre de résidences secondaires n’a cessé de progresser pour dépasser la barre des 250.000 en 2018, soit une multiplication par trois en cinquante ans. Le nombre de logements principaux a doublé dans le même temps, selon l’Insee.