Rennes : Quand prendra fin la grève dans les bibliothèques et les piscines ?

SOCIAL Cela fait maintenant huit mois que les agents territoriaux sont en grève chaque week-end pour protester contre la suppression annoncée des repos compensateurs

Jérôme Gicquel
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Cela fait maintenant trente-trois semaines que la bibliothèque des Champs Libres à Rennes est fermée tous les week-ends en raison d'un mouvement de grève des agents territoriaux.
Cela fait maintenant trente-trois semaines que la bibliothèque des Champs Libres à Rennes est fermée tous les week-ends en raison d'un mouvement de grève des agents territoriaux. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • A Rennes, le fonctionnement des bibliothèques et des piscines est perturbé chaque week-end depuis trente-trois semaines par un mouvement de grève des agents territoriaux.
  • Ces derniers dénoncent la suppression des repos compensateurs pour les agents qui travaillent le week-end.
  • La ville assure avoir fait des propositions aux organisations syndicales pour sortir du conflit mais elles n’ont pas l’air de satisfaire les grévistes.

« En raison d’un mouvement social, la bibliothèque est fermée aujourd’hui. Merci de votre compréhension ». Voilà trente-trois semaines que ce message est affiché chaque week-end à l’entrée des bibliothèques rennaises. Il en est de même pour  les piscines dont le fonctionnement est perturbé tous les samedis et les dimanches depuis plusieurs mois.


Pour comprendre ce mouvement de grève engagé par les agents territoriaux dans la capitale bretonne, il faut remonter au mois de mai. La loi de la transformation de la fonction publique, en date du 6 août 2019, a en effet contraint la collectivité à revoir le temps de travail de ses agents avec un passage obligé aux 1607 heures annuelles. « Mais dans le même temps, la collectivité en a profité pour décider de la suppression des repos compensateurs pour les agents travaillant le week-end », dénonce Jérôme Jourdan, secrétaire  du syndicat FO et porte-parole de l’intersyndicale.

Une prime ou un repos compensateur

Jusqu’à présent, les agents peuvent bénéficier d’une prime ou d’un repos compensateur s’ils travaillent le samedi ou le dimanche. Mais à partir de cet automne, date de la mise en place du nouveau système, ils n’auront plus d’autre choix que la compensation financière. « Les agents sont révoltés car 86 % d’entre eux choisissent le repos compensateur car ils ont aussi besoin de passer du temps en famille », poursuit le syndicaliste.

Si la mesure est appliquée, elle pourrait se traduire par la perte de plusieurs jours de repos compensateurs pour les agents. « Cela représente une dizaine de jours pour ceux qui travaillent dans les bibliothèques et jusqu’à 26 jours pour les agents des maisons de retraite », détaille Jérôme Jourdan. Si des discussions ont été engagées entre l’intersyndicale et la collectivité, elles semblent aujourd’hui au point mort. « Ils ont rejeté en bloc toutes nos propositions, notamment la reconnaissance de la pénibilité du travail le dimanche qui permet une réduction du temps de travail », assure-t-il.

Le mouvement pourrait se poursuivre en 2022

Dans un courrier en date du 16 décembre, la ville a quant à elle proposé une prime mensuelle de 37,20 euros mensuels pour les bibliothécaires et « la possibilité de fermer les bibliothèques certains jours de fréquentation particulièrement basse ». Pour les agents des piscines, elle s’engage par ailleurs à prendre en compte « le temps d’habillage et le temps de préparation des bassins », à condition que la grève prenne fin « le 8 janvier au plus tard ».

Des propositions qui n’ont visiblement pas convaincu les agents territoriaux qui ont encore amplifié leur mouvement de grève pendant les vacances de Noël. Et tout indique que le mouvement devrait encore durer en 2022. « On doit rencontrer les agents des piscines et des bibliothèques cette semaine pour décider de la reconduction du préavis de grève, souligne le syndicaliste. Ils semblent en tout cas décidés à ne rien lâcher ».