Rennes : Ce qu’il reste à faire avant la mise en service de la ligne B du métro

MOBILITES La métropole et Siemens ont annoncé que les premiers voyageurs devraient être transportés « entre fin avril et fin mai »

Camille Allain
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La ligne B du métro de Rennes devrait être mise en circulation entre fin avril et fin mai selon Siemens.
La ligne B du métro de Rennes devrait être mise en circulation entre fin avril et fin mai selon Siemens. — C. Allain / 20 Minutes
  • La deuxième ligne de métro de Rennes devrait être livrée entre fin avril et fin mai 2022, soit vingt ans après l'ouverture de la ligne A.
  • Evalué à 1,3 milliard d'euros, le chantier a pris du retard, notamment du fait de l'épidémie de Covid-19.
  • De nombreux tests doivent encore être menés avant l'accueil des premiers voyageurs.

Nathalie Appéré n’a avancé aucun calendrier. La présidente de Rennes Métropole a préféré rejeter la pression de l’engagement sur le constructeur allemand Siemens. Il faut dire que la maire de Rennes a déjà vu la mise en service de la ligne B être reportée à deux reprises. Mercredi, dans le froid glacial des quais de la nouvelle station Beaulieu, l’élue a préféré ne pas engager sa parole. Laurent Bouyer, président de Siemens Mobility, l’a fait à sa place. « La mise en service commerciale de la ligne B devrait avoir lieu entre fin avril et fin mai », a promis le responsable du constructeur allemand.

Prévue fin 2020 puis en juin 2021, l’ouverture de la deuxième ligne a accumulé les aléas. Le Covid-19 d’abord, qui a stoppé le chantier au printemps 2020 avant une reprise progressive. Puis en privant Siemens et la Semtcar de pièces maîtresses. « Le Covid a posé des problèmes d’approvisionnement, notamment sur certains composants électroniques. Ce n’est pas une excuse, c’est une explication », assure le patron de Siemens Mobility. Depuis plusieurs mois, ses techniciens font circuler les rames à vide  afin de multiplier les tests. Objectif : roder les machines et s’assurer que l’électronique répond bien. « La rame qui a le plus roulé a parcouru 6.000 km », assure Siemens.


Le constructeur allemand a reconnu quelques difficultés, notamment sur des soucis de vibrations, qu’il associe à « la première mondiale » que constitue la ligne B rennaise. « Lorsque l’on avait équipé la ligne A, nos rames avaient déjà circulé dans d’autres villes. Là, c’est une vraie évolution technologique », explique Laurent Bouyer. Plus spacieuses, plus lumineuses, les rames de la ligne B semblent aussi plus silencieuses. Elles présentent l’avantage de pouvoir être rallongées d’une troisième voiture si la fréquentation était au rendez-vous.

L’informatique à bord « génère parfois des pannes »

Mais comment expliquer qu’il faille encore quatre à cinq mois avant d’accueillir les premiers voyageurs ? « Il y a beaucoup d’informatique, de technologie et de logiciels pour faire circuler ce matériel. Cela génère parfois des pannes difficiles à diagnostiquer. Mais à chaque problème que nous avons rencontré, le système a réagi conformément », assure Julia Fischer, responsable du projet métro léger chez Siemens Mobility.

La station de métro Beaulieu fait partie des 15 stations de la ligne B du métro de Rennes.
La station de métro Beaulieu fait partie des 15 stations de la ligne B du métro de Rennes. - C. Allain / 20 Minutes

Depuis plusieurs mois, les équipes de Keolis travaillent aux côtés du constructeur allemand pour tester le matériel roulant. Cette collaboration va continuer de se renforcer pour des « marches à blanc » qui doivent s’échelonner jusqu’à mars. Ces nouveaux tests visent à faire tourner toute la ligne en conditions normales, mais sans voyageurs. « La différence, c’est qu’aujourd’hui, si nous avons une panne, nous pouvons continuer les tests. Lors de la marche à blanc, il nous faudra suivre la procédure et évacuer la rame », le patron de Keolis Rennes Laurent Senigou. Ces tests grandeur nature devraient être menés en février. « Nous avons un peu raccourci les délais. Nous les évaluons à six semaines minimum. Mais cela pourrait durer huit ou dix semaines si nous ne sommes pas au point », poursuit le directeur de Keolis.

Les mois de mars et avril devraient ensuite être consacrés au dossier de sécurité qui devra être étudié par la préfecture d’Ille-et-Vilaine. Les services de l’État valideront alors, ou non, la possibilité de mettre en service la tant attendue ligne B. « Il y a beaucoup d’impatience, nous la partageons », assure Nathalie Appéré. Lancée en 2013, la construction de la ligne B devrait coûter 1,3 milliard d’euros. Du fait des retards successifs, Siemens Mobility pourrait payer des pénalités à la Semtcar qui pilote le projet. Les élus et responsables des différentes entreprises ont expliqué qu’aucun montant ne pouvait être avancé. « Les discussions viendront plus tard ».