Plus rythmé, plus simple, plus joyeux… Revisité, l’hymne de la Bretagne espère devenir un tube

TRADITION Une version « uniformisée » du « Bro gozh ma zadoù » a été imaginée afin de le rendre plus populaire

Camille Allain
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La mascotte du Stade Rennais Erminig brandit un drapeau breton lors de l'hymne Bro gozh ma zadou au Roazhon Park.
La mascotte du Stade Rennais Erminig brandit un drapeau breton lors de l'hymne Bro gozh ma zadou au Roazhon Park. — Damien Meyer / AFP
  • La région Bretagne et la maison de disque Coop Breizh ont imaginé une nouvelle version du Bro gozh ma zadoù, l'hymne breton.
  • L'objectif est de le rendre plus facile à chanter et donc plus populaire.
  • Il sera interprété dimanche lors du derby entre le FC Lorient et le Stade Rennais au Moustoir.

Les adeptes du Roazhon Park sont habitués à l’entendre résonner depuis plusieurs années dix minutes avant le coup d’envoi des matchs du Stade Rennais. Entonné avant chaque rencontre, le Bro gozh ma zadoù (vieux pays de mes pères) est depuis plus de cent ans considéré comme « l’hymne de la Bretagne ».

Adapté de l’hymne du pays de Galles et traduit en 1898 en breton, le morceau souffre pourtant d’un déficit de notoriété auprès d’une bonne partie des trois millions de personnes qui habitent la Bretagne. La région, associée à la maison de disques Coop Breizh, vient d’en livrer une version « plus accessible » dans le but de le faire connaître. Il sera entonné ce dimanche un peu avant 15 heures sur la pelouse du Moustoir pour lancer le derby de football entre le FC Lorient et le Stade Rennais.

Gilles Servat au micro ce dimanche

Aux premières notes, la différence avec les versions déjà entonnées dans les stades de football ou de rugby ne saute pas aux oreilles. Gilles Servat promet pourtant que cette nouvelle version de l’hymne breton « simplifie les choses ». « Le Bro gozh, c’était un peu dans tous les sens. Il y a des versions comme si, d’autres ça. On n’avait pas toujours les mêmes mots, c’était difficile à mettre en harmonie », rappelle l’emblématique interprète de La Blanche Hermine.

Ce dimanche, c’est lui qui interprétera le « nouveau » Bro gozh aux côtés de la jeune chanteuse Aziliz Manrow, que certains décrivent comme « la relève » de la scène bretonne. Un vent de jeunesse complètement assumé par les porteurs de ce projet. « Nous avons supprimé certains points d’orgue pour lui donner un tempo, une couleur apaisante et apaisée. Nous avons aussi retravaillé certaines paroles pour faciliter la diction. Cela donne un morceau plus accessible, plus populaire », ajoute Romain Sponnagel, membre de Coop Breizh qui a piloté le projet ( à écouter ici).

« A force d’écouter une seule version, on espère qu’elle va rentrer dans les têtes »

L’idée de proposer une version « stabilisée » de l’hymne avait germé lors de la conception d’une compilation honorant la 50e édition du célèbre Festival interceltique de Lorient (finalement annulée). Directeur de l’événement depuis 2007, Lisardo Lombardia comprenait alors qu’aucune version officielle de l’hymne n’existait. La nouvelle mouture de ce chant traditionnel va-t-elle trouver son public ? Impossible à prédire.

« A force d’écouter une seule version, on espère qu’elle va rentrer dans les têtes, un peu comme un tube. C’est notre idée », reconnaît Romain Sponnagel. Sans froisser les puristes ? « Notre territoire est fait de migrations, il n’a pas une identité exclusive et doit montrer son ouverture. Ce Bro gozh peut y participer », estime le député du Morbihan Paul Molac, fervent défenseur de la cause bretonne.