Rennes : Le déménagement terminé, l’ancien Arvor accueillera toujours du cinéma

CINEMA L’ancien repaire du cinéma rennais va être mis à disposition de plusieurs associations dédiées à l’image animée

Camille Allain
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La crise du Covid-19 avait retardé le déménagement de l'ancien Arvor vers son nouvel écrin. Il est désormais vide.
La crise du Covid-19 avait retardé le déménagement de l'ancien Arvor vers son nouvel écrin. Il est désormais vide. — C. Allain / 20 Minutes
  • Après 38 années passées rue d’Antrain, le cinéma L’Arvor a déménagé en mai dans son nouvel écrin de la gare sud.
  • Ses anciens locaux, propriété de la ville de Rennes, restent vides, en attendant des travaux.
  • Dans un peu plus d’un an, le lieu devrait rouvrir pour accueillir les Rennais et Rennaises dans leur maison du cinéma.

L’ancien et le nouveau. Alors que le nouvel Arvor a ouvert les portes de ses salles obscures en mai après le cataclysme du Covid-19, les locaux de l’ancien cinéma de la rue d’Antrain demeurent vides. Selon nos informations, ils vont le rester encore au moins un an, le temps de mener d’importants travaux de rénovation. Contrairement à l’ancien Antipode, qui sera démoli dans quelques années, l’ancien cinéma d’art et d’essai rennais sera bien conservé. « Personne n’imaginait qu’il puisse disparaître. C’était l’un de nos engagements de campagne », rappelle Benoît Careil, adjoint à la culture de la ville de Rennes.

Pour maintenir le lieu en vie, la municipalité a souhaité s’appuyer sur un collectif d’une douzaine d’associations exerçant dans le domaine du cinéma, de la diffusion ou du cinéma d’animation. Avant de leur laisser les clés, la ville a entrepris de mener des premiers travaux de rénovation dans ce bâtiment vieillissant ouvert en 1983. « On étudie l’état du bâti. L’Arvor n’a pas connu beaucoup de travaux de maintenance pendant son exploitation », reconnaît Benoît Careil. Propriétaire des lieux, la ville va débourser au moins 400.000 euros pour « un premier toilettage » qui devra rendre le toit imperméable, ce qui était de moins en moins le cas ces derniers temps. Ces premiers travaux devraient être engagés début 2022 et s’achever moins d’un an plus tard. « On espère un premier usage début fin 2022 ou début 2023 », poursuit l’élu écologiste.

Une douzaine d’associations y réfléchissent

Doté de deux salles qui offrent environ 350 sièges, le bâtiment va devoir se réinventer pour continuer à exister. Depuis près de deux ans, une douzaine d’associations réfléchit à l’avenir de ce temple du cinéma. Après plusieurs mois sans se voir, le comité de pilotage doit se réunir ce mercredi pour évoquer son projet de « maison du cinéma et de l’audiovisuel ». « Ce qui est sûr, c’est qu’on ne gardera pas ce nom-là », s’amuse Cyrielle Dozières. La directrice du festival Court Métrange fait partie du « noyau dur » de ce projet. A ses côtés, les associations Clair Obscur (festival Travelling), Comptoir du Doc, Oodacq, Court en Betton, l’Association française du cinéma d’animation et bien d’autres.


Toutes ces structures adeptes de la diffusion ou de la production attendent ce lieu avec impatience. « A Rennes, les cinémas font du très bon travail et acceptent souvent de nous accueillir, mais ils ont une réalité économique. Il n’est pas toujours simple pour nous de trouver une salle pour une petite avant-première, des séances de petite jauge ou des ateliers d’éducation à l’image », explique la directrice de Court Métrange. Pendant son festival de l’étrange, l’association accueille environ 4.000 scolaires. « Le reste de l’année, c’est plus compliqué. Rennes est une ville de cinéphiles mais il lui manque ce lieu central, collectif, capable d’accueillir des pratiques expérimentales ».

« On ne veut surtout pas confisquer cet espace »

La ville conservera la salle du haut, la plus grande, comme salle de projection mise à la disposition des associations. Quant à la salle du bas, elle pourrait être transformée afin d’accueillir des résidences, peut-être même des tournages. Une chose est sûre : le lieu restera ouvert aux Rennais et aux Rennaises.

« On ne veut surtout pas confisquer cet espace, c’était clair pour tout le monde dès le début », promet Cyrielle Dozières. L’ancien Arvor ne deviendra pas le QG des associations partenaires. Plutôt une maison de l’image animée ouverte à toutes les propositions.

Le nouvel Arvor a pris place à la gare

Ouvert en mai après plus d’un an de retard dû à la crise du Covid-19, le nouvel Arvor a plus que doublé sa capacité d’accueil et propose désormais plus de 750 fauteuils répartis dans cinq salle. Il est installé à côté de la gare de Rennes, sur le parvis sud.