Saint-Malo : A quoi servent les brise-lames qui seront bientôt remplacés ?

PATRIMOINE L’État lance un important chantier de rénovation sur la plage du Sillon en novembre en raison d’un transfert de compétence à la collectivité malouine

Camille Allain
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Une partie des brise-lames protégeant la digue de Saint-Malo doivent être remplacés. Certains vont être cédés à la ville.
Une partie des brise-lames protégeant la digue de Saint-Malo doivent être remplacés. Certains vont être cédés à la ville. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • A Saint-Malo, 1.000 brise-lames de la plage du Sillon vont être examinés. Environ 500 d’entre eux seront remplacés.
  • Ces pieux de bois taillés dans du chêne brogneux ont été érigés il y a près de 200 ans pour protéger les fortifications et les digues.
  • Le chantier qui va démarrer début novembre devrait durer sept mois, à condition que les conditions climatiques ne soient pas trop défavorables.

Ils se dressent depuis près de deux cents ans comme un rempart aux remparts. A Saint-Malo, les pieux de bois plantés dans le sable de la plage du Sillon font partie du décor. A compter du 8 novembre, un millier de brise-lames seront sortis du sable afin d’être examinés puis remis en place. Cette opération pilotée par l’État se déroule dans le cadre d’un transfert de compétences de la politique de lutte contre les inondations. Mais avant de céder la digue et ses 3.000 pieux en bois à Saint-Malo agglomération, la préfecture doit les remettre en état. Environ 500 brise-lames trop abîmés devront sans doute être remplacés. Les 500 autres devront être toilettés avant d’être remis en place pour des décennies. Mais à quoi servent-ils exactement ? Eclairage.

La première fois que ces pieux ont été plantés, c’était il y a un peu moins de 400 ans. Environ 300 d’entre eux avaient été installés de la cale de l’Eventail à la cale de la Piperie, comme le rapporte le site Regard de corsaire.

Une partie des brise-lames protégeant la digue de Saint-Malo doivent être remplacés. Certains pourraient être cédés à la ville.
Une partie des brise-lames protégeant la digue de Saint-Malo doivent être remplacés. Certains pourraient être cédés à la ville. - C. Allain / 20 Minutes

En 1825, un ingénieur des Ponts et chaussées décida d’en installer beaucoup plus. C’est à cette période que les 3.000 pieux connus de tous les habitants et touristes ont été installés. Longs de sept mètres et taillés dans des chênes brogneux qui leur donnent ces formes parfois biscornues, les pieux sont enfoncés d’un tiers dans le sable afin de résister à la puissance des éléments.

Revendus oui, mais pas à n’importe qui !

Les Ponts et chaussées souhaitaient alors protéger les fortifications, sérieusement mises à mal lors de fortes tempêtes. Depuis, leur rôle n’a pas changé ! Les brise-lames viennent protéger la digue du Sillon, souvent fragilisée par les impacts puissants des vagues venues de la Manche. Installés en quinconce, ils sont capables de ralentir les vagues, limitant ainsi leur puissance au moment où elles heurtent la digue protégeant la cité corsaire d’une submersion.

Emblèmes de la ville et éléments du patrimoine malouin, les brise-lames doivent parfois être remplacés, comme ce sera le cas en novembre. Un chantier colossal qui devrait durer sept mois et coûter 1,7 million d’euros à l’État. Les 500 pieux qui seront mis de côté seront cédés à Saint-Malo agglomération pour un euro symbolique.

La collectivité souhaite en conserver une partie pour décorer la ville mais a reçu l’accord de l’État pour en vendre certains à des particuliers, « à condition qu’ils servent un intérêt patrimonial fort », prévient la préfecture d’Ille-et-Vilaine. Les recettes seront allouées aux travaux de réfection du patrimoine, notamment l’entretien des célèbres remparts. Des travaux de maçonnerie seront également menés à différents endroits de la digue du Sillon et de la digue Palmié.