Rennes : « On n’a pas de solution »… La baignade à Apigné trop compliquée, qui pour la remplacer ?

ENVIRONNEMENT Les étangs situés à l’ouest de Rennes sont chaque été victimes de la pollution aux cyanobactéries

Camille Allain
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Les étangs d'Apigné, à Rennes, sont régulièrement touchés par des fortes concentrations en cyanobactéries, empêchant la baignade.
Les étangs d'Apigné, à Rennes, sont régulièrement touchés par des fortes concentrations en cyanobactéries, empêchant la baignade. — C. Allain / 20 Minutes
  • Victimes des cyanobactéries, les étangs d’Apigné sont régulièrement fermés à la baignade en été.
  • La municipalité reconnaît qu’elle n’a pas trouvé de solutions pour éviter la prolifération de ces petites algues.
  • L’étang des Bougrières, situé juste à côté, se présente comme un lieu de baignade idéal mais l’Etat n’est pas de cet avis.

Ils n’ont pas le charme de la côte d’Emeraude mais qu’importe. Depuis des dizaines d’années, les étangs d’Apigné offraient aux Rennais un espace de baignade très apprécié lors des fortes chaleurs d’été. Depuis plusieurs années, le spot doit cependant faire face à des interdictions régulières de baignade en raison de la présence récurrente de cyanobactéries. Ces petites algues dites « bleues » polluent les eaux stagnantes de toute la France, provoquant nausées, vomissements et irritations de la peau chez ceux qui osent venir s’y baigner. D’abord épisodiques, les interdictions de baignade sont désormais quasi systématiques l’été à Apigné. Au point d’interroger l’avenir du site. « On a mis les meilleurs spécialistes dessus, on a tout essayé et malheureusement, on n’a pas de solution », reconnaît la maire de Rennes Nathalie Appéré.

Conseillée par des scientifiques, la ville avait entreprisde vider les étangs de certains poissons, afin de limiter l’apport en matière organique dans l’eau. Peu efficace. La réoxygénation de l’eau par des bulleurs n’a pas non plus convaincu les élus, résignés à signer des arrêtés d’interdiction de baignade chaque été. « Et on n’en a pas fini. On ne trouve pas de solution pérenne pour traiter les eaux stagnantes », ajoute la maire. Le problème du lieu est déjà connu. Ses eaux immobiles et peu profondes sont trop chargées en matière organique et en phosphore. Des apports fournis en grande partie par l’agriculture, dont les produits d’épandage sont charriés par les cours d’eau jusqu’à Apigné.

A Rennes, l'étang des Bougrières sert de zone de captage d'eau potable.
A Rennes, l'étang des Bougrières sert de zone de captage d'eau potable. - Eau du bassin rennais

La solution pourrait se trouver à deux pas de là. Sur le site d’une ancienne carrière aujourd’hui remplie d’eau, l’étang des Bougrières présente un avantage de taille. Il est très profond et donc beaucoup moins sujet au réchauffement soudain de ses eaux en été, phénomène qui se traduit toujours par des fortes concentrations en cyanobactéries.

Une solution tout près d’ici

La ville est favorable au transfert de la zone de baignade mais se heurte à un point critique. L’étang des Bougrières est utilisé comme zone de captage d’urgence d’eau potable et sert de réservoir en cas de pénurie. « Nous avons des discussions avec l’État pour trouver un bon équilibre. Le lieu est très accessible et nous aimerions y implanter des activités de baignade ou des loisirs nautiques », reconnaît la maire. Le dernier dossier déposé en ce sens par la municipalité a reçu un avis défavorable. Affaire à suivre.