Rennes : « J’assume »… Nathalie Appéré répond aux critiques sur les embouteillages

MOBILITES Une étude montre que la capitale bretonne était la ville la plus embouteillée de France depuis la rentrée

Camille Allain
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La maire de Rennes Nathalie Appéré a été la cible de critiques après la publication d'un palmarès faisant de Rennes la ville la plus embouteillée de France.
La maire de Rennes Nathalie Appéré a été la cible de critiques après la publication d'un palmarès faisant de Rennes la ville la plus embouteillée de France. — C. Allain / 20 Minutes
  • D'après le magazine Auto Plus, Rennes a été la ville la plus embouteillée de France en septembre. 
  • Si certains événements peuvent expliquer ce mauvais classement, le constat de la hausse des embouteillages est partagé par tous les automobilistes. 
  • Critiquée, la maire de Rennes évoque la livraison de la ligne B du métro pour limiter la congestion. Et assume ses choix politiques en faveur des modes doux.

Le constat est largement partagé. Depuis la rentrée, les conditions de circulation sont particulièrement compliquées pour accéder à Rennes. Mais on n’imaginait pas que la capitale bretonne puisse se placer comme la ville la plus embouteillée de France. C’est pourtant le cas, si l’on en croit le classement établi par le magazine Auto Plus à partir des données GPS Tom Tom.

D’après cette étude, les automobilistes rennais auraient perdu 18h05 dans les embouteillages en septembre, soit 3h30 de plus que l’an dernier. Rennes fait pire que Marseille ou Bordeaux qui complètent ce podium. Si l’étude est contestable, notamment sur le faible usage des GPS Tom Tom, ce résultat confirme le constat dressé par nos lecteurs. « Le temps de trajet a doublé par rapport à l’année dernière », assure Jéromine. « Depuis la rentrée c’est dingue, je mets une heure pour faire 30 km ! Je pars de Brie pour aller aux Longchamps et c’est de pire en pire », ajoute Marie.

Ces témoignages illustrent le quotidien de dizaines de milliers de personnes qui perdent de longues minutes chaque matin et chaque soir pour venir travailler à Rennes. Un constat qui peut s’expliquer par plusieurs facteurs. D’abord par l’abandon progressif du télétravail, mais aussi par la fréquentation en baisse des transports en commun (89 % du trafic habituel), plombés par la crise sanitaire. Mais aussi par des événements extérieurs comme l’organisation du Space ou encore des accidents récurrents aux heures de pointe. « Dès qu’il y a un petit accrochage, on a des dizaines de kilomètres de bouchons », résume un pompier interrogé par 20 Minutes.

Les transports en commun toujours en berne

Ce constat n’a pas échappé aux élus de la ville, à commencer par la maire et présidente de Rennes Métropole Nathalie Appéré. « Il y a encore des habitudes qui n’ont pas repris, notamment en ce qui concerne les transports en commun. Les difficultés, je ne les nie pas, elles existent. Mais on ne résoudra pas le problème en créant de nouvelles infrastructures routières », assure la maire socialiste. « La livraison de la deuxième ligne de métro [prévue début 2022] sera une réponse importante à ce problème, avec 50.000 voitures en moins dans l’intrarocade », ajoute-t-elle.

Le problème de la ligne B, c’est qu’elle s’arrête aux limites de Rennes, ou presque, et ne résoudra pas la congestion des pénétrantes. Les automobilistes des communes périphériques témoignent tous du même constat. « C’est l’enfer ». « Catastrophique ». « Liffré depuis la rentrée c’est l’enfer dès 8 heures ça bouchonne. On perd 15 à 20 minutes pour aller au travail », constate Ronan. Sur les réseaux, de nombreux habitants réclament un accroissement du nombre de voies pour fluidifier le trafic. Une fausse bonne idée démontée par toutes les études sur le sujet, qui montrent que plus les routes sont larges, plus le trafic automobile augmente, générant de facto des embouteillages encore plus importants. « Les solutions sont ailleurs », promet Nathalie Appéré. Des trambus seront chargés de désengorger ces axes périphériques mais ils ne seront pas livrés avant 2026 au mieux.

« N’attendons pas que nos gamins ne respirent plus »

Plusieurs internautes accusent eux les travaux, comme les aménagements de pistes cyclables, d’avoir accentué les bouchons, notamment par la réduction du nombre de voies réservées aux voitures. C’est probable à certains endroits, mais c’est un choix de la municipalité. Fallait-il attendre la livraison de la ligne B pour les engager ? «  Sécuriser les trajets vélo, ça ne doit pas attendre. La solution, c’est d’activer toutes les alternatives à la voiture solo. Le vélo en fait partie. Ce choix, je l’assume. J’assume de mettre en œuvre ce pour quoi nous avons été élus, de faire de Rennes une ville apaisée. N’attendons pas que nos gamins ne respirent plus », lance la maire d’un ton ferme. En un an, les trajets à vélo ont progressé de 9 à 10 % dans la capitale bretonne.

Pour ceux habitant plus loin, la solution des transports en commun ne se révèle pas toujours encourageante. Sur notre page Facebook, plusieurs internautes témoignent de leurs tentatives, pas toujours couronnées de succès. « J’ai pris le bus pendant deux ans et j’ai abandonné car c’était la bagarre pour les places assises », résume Nawell. Elle a fini par acheter une voiture en début d’année pour boucler son trajet de 13 kilomètres en quinze minutes. « C’était top. Maintenant, c’est 45 à 50 minutes ». « Certains habitants n’ont pas d’alternative à la voiture », reconnaît Nathalie Appéré. Sans solution miracle, la métropole mise sur tous les autres pour limiter les embouteillages.