Rennes : Le ponton donnant accès au bistrot sur l’eau va devoir être enlevé

BATEAU SUR L’EAU La ville et la région n’ont pas apprécié qu'une association installe elle-même un embarcadère sur la Vilaine

Camille Allain
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A Rennes, les amateurs de canoë et de kayak devront déplacer leur embarcadère.
A Rennes, les amateurs de canoë et de kayak devront déplacer leur embarcadère. — G. Bleunven

Il n’aura pas tenu longtemps. Installé il y a deux semaines sur la Vilaine, le ponton donnant accès à l'un des seuls bistrots de Rennes « les pieds dans l’eau » sera retiré ce week-end. Ce qui privera les personnes navigant sur le cours d’eau d’un accès direct au bar de La Mie Mobile, situé le long du boulevard Villebois-Mareuil. Au départ, l’idée de quelques membres du Kayak club de Rennes était double. Oui, ce petit embarcadère leur permettait de faire une pause sur l’eau et de se jeter une bolée dans les jardins du bistrot rennais. Un établissement apprécié qui fermera de toute façon son jardin ce dimanche, avant la vente de l'établissement prévue en fin d'année.

Pour les kayakistes, l’essentiel était ailleurs. Par cette installation « sauvage », ils avaient surtout l’idée d’alerter les pouvoirs publics sur le manque d’aménagements flottants sur le cours d’eau. Ils auront réussi leur coup.

Quelques jours après la parution d’un article très consulté sur notre site, Gaël Bleunven a été contacté par la police municipale de Rennes, qui lui demandait d’enlever son embarcadère, sans réellement savoir pourquoi. La région Bretagne, gestionnaire des cours d’eau, en a fait de même, au motif qu’elle n’avait pas été prévenue. « Je ne veux entrer en conflit avec personne », assure le membre du Kayak club de la capitale bretonne. Le ponton donné par la ville de Rennes à l’association sera donc déplacé samedi, en marge d’une balade en canoë.

« Que ces promenades bucoliques ne restent pas l’apanage de quelques-uns »

Pour se faire entendre, le porteur du projet a décidé d’écrire à la maire, Nathalie Appéré, et à la région. Son idée ? « Montrer aux élus que des aménagements très simples pourraient être réalisés sur la Vilaine » afin de faciliter la vie des personnes qui y naviguent. Dans son courrier, Gaël Bleunven lance même une invitation aux élus et services techniques afin qu’ils viennent naviguer. « Ainsi vous vous rendrez compte par vous-même du peu d’aménagements nécessaires pour que ces promenades bucoliques ne restent pas l’apanage de quelques-uns ».

Lui et d’autres formulent un constat sans appel. Alors qu’ils n’étaient une poignée à naviguer il y a quinze ans, les kayakistes rennais sont de moins en moins seuls sur l’eau. Des paddles, kayaks gonflables, avirons et canoës se plaisent à glisser sur les eaux brunâtres du cours d’eau qui traverse Rennes. Et tous réclament davantage d’aménagements, notamment pour les franchissements d’écluse, où ils doivent débarquer « dans les ronces ».

Depuis quelques années, la majorité de Nathalie Appéré a répété son ambition d'ouvrir la ville sur son fleuve, émettant le vœu que, un jour, on puisse se baigner dans ses eaux sans risquer une gastro.