Rennes : Monts d’Arrée, une marque de fringues de montagne made in Bretagne

O Breizh ma Bro Arnaud Perrier et Fabrice Villa ont imaginé une ligne de vêtements conçus avec des matières premières locales

Camille Allain
— 
Fabrice Villa (à gauche) et Arnaud Perrier ont créé une marque de vêtements de montagne baptisée Monts d'Arrée.
Fabrice Villa (à gauche) et Arnaud Perrier ont créé une marque de vêtements de montagne baptisée Monts d'Arrée. — C. Allain / 20 Minutes
  • Fondée à Rennes, la marque bretonne Monts d’Arrée est inspirée de l’univers de la montagne.
  • Ses fondateurs tentent de remettre au goût du jour certaines matières un peu oubliées comme le lin, le chanvre ou la laine.
  • Leurs produits sont réalisés avec l’aide d’artisans locaux pour relocaliser la production textile.

« Lorsqu’on pénètre dans le cœur des Monts d’Arrée, cirque naturel jalonné de sommets tutoyant les 400 mètres, points culminants de la Bretagne et vigies pelées au-dessus du Yeun Elez, quelle que soit la route qu’on emprunte, d’où qu’on vienne, l’impression est à la même : on change d’univers. » Ces mots sont signés de Nicolas Legendre et résument bien l’atmosphère unique qui habite les plus hautes altitudes de Bretagne. L’auteur de l’ouvrage « L’Himalaya breton » a arpenté sa région natale pour y gravir tous les plus hauts sommets et se rendre à l’évidence. Non la Bretagne n’est pas un pays de haute montagne. Mais qu’importe. « L’important, c’est la différence de niveau », résume le journaliste. Et surtout l’âme qui l’anime.

Cette âme, cette tradition rurale, les fondateurs de la marque Monts d’Arrée ont appris à la découvrir en arpentant la région à la recherche de ses savoir-faire. Originaires de la région, Fabrice Villa et Arnaud Perrier avaient comme beaucoup migré à Paris pour travailler avant de rentrer au pays pour exercer leur métier de designer en stratégie identitaire. Spécialistes de l’image et du marketing, les deux associés ont profité de la pause du Covid-19 pour lancer leur marque de fringues de montagne, made in Bretagne. « Quand on pense à la Bretagne, on voit toujours des voileux ou des souffleurs de biniou. C’est un truc qui plaît et qui fait vendre. On ne le critique pas mais on avait envie de faire différemment », raconte Fabrice Villa.

Ciel gris sur les Monts d'Arrée, l'un des points culminants de la Bretagne.
Ciel gris sur les Monts d'Arrée, l'un des points culminants de la Bretagne. - C. Allain / 20 Minutes

Passionnés par la montagne, les deux hommes ont imaginé quelques articles textiles remettant à l’honneur des matières oubliées : le chanvre, le lin ou la laine ont été utilisés pour réaliser un bonnet, une casquette ou encore un tee-shirt. « En fouillant, nous avons découvert que des gens faisaient du feutre de laine dans le Morbihan, d’autres cultivaient du lin en Normandie. Il y a des histoires à raconter. D’ailleurs, ce ne sont pas des fournisseurs, plutôt des compagnons de cordée. C’est un moyen de montrer une autre Bretagne mais sans en faire un produit touristique », poursuit Arnaud Perrier. La marque n’a pas fait qu’emprunter le nom de Monts d’Arrée, elle y a aussi puisé ses ressources comme la laine produite par Patrick Sastre, dont la bergerie est installée au pied des 330 m du Menez Hom (Finistère).

« C’est toujours moins cher que certaines marques made in China »

Depuis leur espace de coworking bordant les rails du boulevard Villebois-Mareuil à Rennes, les deux hommes aiment à tisser des liens avec des artisans. Leur dernier crush ? Une éleveuse des Alpes à qui la marque a confié la réalisation d’un prototype de sac à dos qui devrait faire l’objet d’une campagne de financement participatif cet automne. Pour l’heure, la marque « reste confidentielle » et ne sort qu’une cinquantaine d’exemplaires de chaque article. Une rareté qui se traduit par un prix plus élevé que la moyenne du marché mais qu’importe. « On propose une casquette faite en France, cousue dans le Tarn avec des matériaux locaux pour 55 euros. C’est un prix mais c’est toujours moins cher que certaines marques made in China qui ont voyagé en cargo », glisse Fabrice Villa.