Rennes : Pourquoi 2.000 volontaires réaliseront l’équivalent d’un tour de la Terre à pied et à vélo

MOBILITES La collectivité tente d’initier un changement de comportement chez des habitants de Rennes, du Rheu et de L’Hermitage

Camille Allain
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Illustration de cyclistes circulant sur une piste cyclable ici à Rennes en février 2021. Un feu d'anticipation a été installé sur ce carrefour.
Illustration de cyclistes circulant sur une piste cyclable ici à Rennes en février 2021. Un feu d'anticipation a été installé sur ce carrefour. — C. Allain / 20 Minutes
  • Rennes Métropole lance une expérimentation XL en incitant 2.000 volontaires à changer leurs habitudes de déplacement.
  • Des habitants de Rennes, Le Rheu et L’Hermitage participent à ce challenge qui vise à parcourir 40.000 km en modes de déplacement doux.
  • La collectivité espère inciter la population à changer de comportement pour réduire les phénomènes de congestion et de pollution.

Ce n’est pas une petite expérimentation. En Ille-et-Vilaine, Rennes Métropole vient de se lancer un dispositif ambitieux afin d’encourager le recours aux mobilités douces. En recrutant 2.000 volontaires, la collectivité espère inciter la population à éviter le recours à la voiture individuelle pour opter pour la marche, le vélo ou les transports en commun.

Au travers de cette opération baptisée « Les Deux Mille », la PME française E3D-Environnement va proposer un accompagnement personnalisé aux 2.000 volontaires sélectionnés dans le quartier de La Bellangerais, à Rennes, mais aussi dans les communes voisines de l’Hermitage et du Rheu. L’ambition est grande. En un mois, les volontaires espèrent réaliser 40.000 kilomètres en mobilité douce, soit l’équivalent d’un tour de la Terre.

« Je peux vous dire que nous sommes regardés sur cette opération car nous recevons beaucoup d’appels d’autres collectivités », assure Matthieu Theurier. Vice-président délégué aux transports, l’élu écologiste est un habitué du vélo. Son objectif est clair : sensibiliser en douceur la population aux différents modes de déplacement afin d’inciter au changement progressif des comportements. Les fameux 2.000 volontaires n’ont pas été choisis au hasard. « 74 % des habitants recrutés ont pu identifier un trajet court qu’ils faisaient habituellement en voiture, et ont décidé de le faire à pied ou à vélo », assure Lionel Rodrigues dans un communiqué.

Ce docteur en psychologie sociale travaille pour E3D-Environnement et va étudier les mécanismes qui poussent les habitants à changer leurs habitudes. D’abord très simples (apposer un autocollant Stop pub, trier ses déchets…), les gestes seront ensuite « de plus en plus engageants ». Comme aller au travail sans sa voiture une fois par semaine, ou tester le covoiturage, s’arranger avec ses voisins pour emmener les enfants à l’école ou aux loisirs… « Le poids de ces petits gestes est très important s’ils sont pratiqués en nombre », promet Matthieu Theurier. L’élu rappelle notamment que le trafic automobile avait baissé de 6 % en juin 2020 à la sortie du premier confinement, en grande partie grâce au télétravail et au recours au vélo. « A ce moment-là, on n’avait plus aucun problème de congestion », glisse-t-il dans un sourire.