Acigné champion, Cesson très bon… Rennes et sa métropole trustent les podiums du baromètre des « villes marchables »

MOBILITE De nombreuses villes d’Ille-et-Vilaine sont parmi les mieux notées de cette grande enquête menée auprès des piétons

Camille Allain
— 
Avec ses larges trottoirs pour les piétons, la commune d'Acigné, près de Rennes, est la ville française la mieux notée du baromètre des villes marchables.
Avec ses larges trottoirs pour les piétons, la commune d'Acigné, près de Rennes, est la ville française la mieux notée du baromètre des villes marchables. — C. Allain / 20 Minutes
  • Les résultats du premier baromètre des villes marchables ont été dévoilés ce mardi par plusieurs associations de défense des piétons.
  • Acigné obtient la meilleure note nationale, suivi de près par Cesson-Sévigné. Rennes obtient également une bonne note.
  • A Acigné, de nombreux cheminements ont été aménagés au milieu des lotissements pour encourager la marche.

La politique piétonne marche plutôt bien à Rennes et dans sa métropole. C’est le constat que l’on peut établir après la publication ce mardi du premier baromètre « des villes marchables » réalisé par la Fédération française de randonnée et les associations 60 Millions de Piétons et Rue de l’Avenir. Menée à partir de 43.000 questionnaires remplis par les habitants, cette grande enquête a permis d’attribuer une note à plus de 200 villes.

A ce petit jeu, la ville de Rennes s’en sort plutôt bien avec une note de « C » qui la place deuxième métropole française derrière Strasbourg et devant Nantes. Pénalisées par leurs grands axes, l’insécurité et la place importante de la voiture, les grandes villes sont facilement doublées par les plus petites communes. Avec un « A + », la championne toutes catégories de ce baromètre est bretonne. Acigné est la seule ville française à obtenir cette note. Et ça ne surprend pas vraiment ses habitants…

« Allez marcher et vous verrez. Il y a des petits passages partout, les chemins sont arborés, c’est agréable ». Au milieu de son footing matinal, Pascal nous livre son sentiment. Cet habitant d’Acigné adore les chemins de sa commune, qu’il arpente régulièrement en marchant ou en courant. Son explication ? « Cela fait trente ans que la commune maintient ses chemins, même dans les nouveaux lotissements. Et puis on a la chance de ne pas avoir d’axe majeur qui traverse le bourg. Ça change tout ». Mélodie va dans le même sens. « Mes enfants vont à l’école à pied et je ne me suis jamais inquiétée ». Cette commerçante a découvert toute l’étendue des chemins de sa commune il y a un an, quand elle a eu un chien. « C’est très vert et on peut faire tout le tour de la commune. On ne croise que trois ou quatre routes ».

Ce choix d’offrir des cheminements piétonniers ne date pas d’hier. Actuel maire de la commune, Olivier Dehaese (PS) rend hommage à son prédécesseur Guy Jouhier. « Cela fait plus de trente ans que ces aménagements ont débuté. La ville avait acquis du foncier afin de garder des zones naturelles au plus près des habitations. Nous avons pu conserver des haies bocagères et y aménager des chemins très agréables ». Elu en 2014, le socialiste a poursuivi cette politique d’aménagement. Dans tous les nouveaux lotissements, des cheminements piétons sont créés afin d’encourager la marche vers les commerces du bourg de cette commune de 7.000 habitants.

« Il faut mettre en place des espaces sécurisés, rapides et confortables »

Ces choix d’urbanisme sont plébiscités dans de nombreuses communes de la métropole rennaise (lire encadré) mais ils sont plus difficiles à mettre en place dans la ville centre. A Rennes, la politique piétonne consiste avant tout à sécuriser les aménagements existants, pas toujours adaptés aux marcheurs. « C’est comme pour le vélo. Pour convaincre les gens de marcher, il faut mettre en place des espaces sécurisés, rapides et confortables. En général, les piétons n’aiment pas faire de détours », estime Valérie Faucheux, adjointe aux mobilités à la ville de Rennes. Ici, 34 % des déplacements se font à pied selon une enquête menée en 2018. A l’époque, ce chiffre pour les vélos était de 3 %, même s’il a fortement progressé, et de 13 % pour les transports en commun. Pour encourager le recours à la marche, la municipalité a aussi décidé de miser sur l’éducation, invitant sa police municipale dans les écoles pour délivrer un « permis piéton ».

Affublée de la note « C », la capitale bretonne fait partie des meilleures françaises selon le baromètre même si « beaucoup reste à faire », reconnaît l’élue écologiste. Abaissement de la vitesse automobile, élargissement des trottoirs, verbalisation des stationnements gênants… Les pistes avancées par l’association Rue de l’Avenir sont pourtant connues. « Nous avons la sensation que les piétons ne sont pas soutenus par les politiques publiques alors qu’ils sont très nombreux. C’est une majorité silencieuse », estime Frédéric Brouet, membre de la Fédération française de randonnée. Dans la quête acharnée de réduction de la « voiture solo », la marche apparaît pourtant comme une solution peu coûteuse et diablement efficace. « Si on favorise la marche, on favorise le recours aux alternatives comme les transports en commun. Mais on entend peu les piétons, on a du mal à savoir qui ils sont », conclut Elodie Trauchessec, membre de l’Ademe.

Les autres communes bien notées… ou pas

Parmi les 200 villes notées dans ce baromètre des villes marchables, nombreuses sont celles qui sont situées en Ille-et-Vilaine. Outre Acigné et Rennes, on pourra souligner l’excellente notation de Cesson-Sévigné qui obtient un « A » et se classe dans le top 5 national. Les communes de Pacé, Saint-Erblon, Chantepie, Chavagne, Vern-sur-Seiche, Le Rheu ou Saint-Gilles sont également bien jugées par leurs habitants.

Un constat qui n’est pas partagé par les villes de Bruz, Saint-Jacques-de-la-Lande et La Chapelle-des-Fougeretz mais aussi de Vitré ou Saint-Malo, qui héritent de la note D.