Rennes : Le Star étend ses « arrêts à la demande » censés réduire le risque d'agressions

TRANSPORTS Le dispositif avait été testé, notamment pour protéger les femmes, sur deux lignes urbaines en soirée et va être élargi

Camille Allain
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Illustration d'une femme à bord d'un bus, ici à Rennes.
Illustration d'une femme à bord d'un bus, ici à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le réseau Star piloté par Keolis à Rennes va étendre la possibilité des arrêts à la demande à quatre lignes supplémentaires en septembre.
  • L’objectif est de sécuriser la descente des personnes voyageant seules, et notamment les femmes.
  • Dans une enquête menée en 2019, l’association Osez le féminisme avait révélé que 98,9 % des femmes avaient déjà été agressées dans les transports en commun.

A Rennes, seules deux lignes étaient concernées. Testé sur la C1 et la 57, le dispositif d’arrêts à la demande va être étendu à d’autres lignes du réseau de transport en commune de la capitale bretonne. Le Star a souhaité offrir cette possibilité aux voyageurs et voyageuses circulant sur les lignes C3, C5 à partir de 22 heures tous les soirs en semaine. La descente à la demande sera également possible sur trois lignes métropolitaines (50, 62 et 61) à partir de minuit les vendredis et samedis soir sur le réseau géré par Keolis. Ce dispositif est censé limiter le risque d’agressions ou de harcèlement à bord des bus et s’adresse notamment aux femmes, trop souvent victimes de ces actes.

Lancé en janvier alors que la fréquentation des transports en commun était en berne, ce service « anti relous » n’a pas connu un succès fulgurant. « Mais la demande est là. Les chauffeurs ont été formés et ils arrivent à s’adapter. Il faut l’encourager », assure Matthieu Theurier. Le vice-président de Rennes Métropole délégué aux transports avait présenté cette nouveauté comme « un outil d’égalité femmes-hommes ».

A la demande, mais pas n’importe où

Dans les faits, toutes les personnes voyageant seules peuvent demander à descendre entre deux arrêts. Il leur suffit de le demander au conducteur du bus. Ce dernier « reste juge de la faisabilité ou non de votre demande et doit s’assurer que toutes les conditions sont respectées pour effectuer un arrêt en toute sécurité », précise le Star. Seules les personnes en fauteuil roulant n’y sont pas éligibles, en raison de l’absence d’aménagement adapté en dehors des arrêts.

Le dispositif de descente à la demande a souvent été encouragé par les associations féministes. En 2019, l’association Osez le féminisme avait lancé une grande campagne baptisée « Wagon sans couillons ». L’enquête réalisée à cette occasion avait livré un constat effarant. Parmi les 2.300 répondantes, seules 1,1 % n’avaient jamais été victimes de violences dans les transports en commun. Et 69 % d’entre elles avaient subi au moins une fois, une agression sexuelle de type « main aux fesses » ou « frotteur ». Plus de la moitié dénonçait avoir été victime de faits d’exhibition sexuelle comme la masturbation en public.

Pour tenter de réduire ces faits d’agressions, l’association plébiscite une meilleure formation du personnel de bord et insiste sur la nécessité que les témoins interviennent. D’après leur enquête, seules 15 % des victimes ont été aidées par un témoin. « Dans 88 % de ces cas, ça a aidé la victime », précise Osez le féminisme.