Rennes : Pourquoi la carte Korrigo devient presque obligatoire pour les étudiants

RENTREE Pour les étudiants des deux universités et de certaines grandes écoles, de nouveaux services seront disponibles via la carte des mobilités

Camille Allain
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A Rennes, la carte Korrigo propose de plus en plus de services. Elle doit par exemple permettre l'accès aux restaurants universitaires du CROUS.
A Rennes, la carte Korrigo propose de plus en plus de services. Elle doit par exemple permettre l'accès aux restaurants universitaires du CROUS. — C. Allain / 20 Minutes
  • A Rennes, la carte Korrigo servant déjà pour voyager sur le réseau Star ou accéder aux piscines va accueillir de nouvelles fonctionnalités, notamment pour les étudiants.
  • Les élèves des deux universités et de cinq grandes écoles en auront besoin pour accéder aux photocopieurs, aux restaurants et bibliothèques universitaires.
  • Rennes Métropole espère inciter les étudiants à souscrire un abonnement aux transports en commun, dont le montant mensuel a été baissé de 33 % cette année.

Elle prend du galon. Alors que les étudiants retrouvent progressivement leurs écoles ou universités cette semaine, nombreux sont ceux qui vont entendre parler de la carte Korrigo. Nécessaire pour avoir accès au réseau Star de métro et de bus, la carte orange lancée à Rennes en 2006 se présente de plus en plus comme un pass à tout faire. Déjà utilisée dans certaines piscines et bibliothèques de Rennes, la carte Korrigo va presque devenir obligatoire pour les étudiants des universités Rennes 1 et Rennes 2 et des cinq grandes écoles membres du réseau Unir.

Ces derniers n’auront pas d’autres choix s’ils veulent se rendre à la BU ou imprimer des documents. Un projet qui vise à réduire le nombre de cartes dans les poches des étudiants. Mais aussi à les inciter, eux et le personnel, à souscrire à un abonnement de transports en commun. « Notre objectif, c’est d’offrir un accès facilité aux mobilités », glisse le vice-président de Rennes Métropole Matthieu Theurier.

En juillet, la collectivité avait déjà fait un geste en faveur des quelque 70.000 étudiants inscrits à Rennes, en abaissant le tarif de l’abonnement annuel de 33 % (227 euros par an, soit environ 19 euros par mois). « Nous voulons encourager le recours au vélo ou aux transports en commun et limiter l’usage de la voiture individuelle », poursuit l’élu écologiste. A voir les parkings bien garnis des deux universités, on se dit qu’il reste encore du chemin à parcourir.

Pour « inciter » les étudiants et leur personnel à demander la carte Korrigo, les établissements scolaires ont été invités à développer leur offre de services. Depuis quelques années, certains offraient l’accès à leurs photocopieurs ou l’emprunt d’ouvrages à la bibliothèque universitaire. « Mais ça restait marginal », reconnaît Laurent Abraham, responsable du pôle applications et services numériques de l’université Rennes 1.

Dans un mois, tous les copieurs de la fac seront remplacés et ne seront utilisables que via la carte Korrigo (ou par un code personnel). « Les étudiants et le personnel pourront aussi l’utiliser pour avoir accès aux services du CROUS comme le restaurant universitaire. L’objectif, c’est de diminuer le nombre de cartes pour tout le monde ».

« On était un peu inquiets au départ »

A Sciences-Po, cette rentrée sera une première. Dans l’établissement, l’accès aux copieurs sera également limité aux détenteurs de la carte Korrigo. « On essaie de monter en puissance mais ça demande une harmonisation des systèmes. D’autres services viendront », précise Sébastien Châbles, le responsable de la communication.

La « migration » n’a pas été simple mais elle est parfaitement sécurisée, promettent les établissements, qui utilisent chacun un chiffrage différent des autres services de transport ou de piscine. « On était un peu inquiets au départ. Il aurait été plus simple que nous développions notre propre carte multi-services. Mais ce n’est pas si compliqué. On s’inscrit dans la collectivité ».

Déjà présente dans plusieurs villes bretonnes, la carte Korrigo vise à faciliter la vie des usagers qui se déplacent sur le territoire. Elle pourrait notamment être utilisée pour certains services du CROUS comme l’accès aux restaurants universitaires. Mais elle n’est pas près de remplacer la traditionnelle carte d’étudiant, précieux sésame offrant par exemple des réductions au cinéma. « On sentait que c’était l’idée de départ, qu’elle soit présente partout à Rennes, voire en Bretagne. Mais tout prend du temps, nous n’avons pas les mêmes systèmes d’information », glisse une membre d’établissement. Le chemin est encore long.