Rennes : Un terrain d’aventure pour développer l’imaginaire des enfants

LOISIRS Grâce à l’association L’Allumette, les enfants peuvent construire des cabanes en bois dans le parc Marc Sangnier situé au sud de la ville

Jérôme Gicquel
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Au parc Marc Sangnier à Rennes, les enfants peuvent construire des cabanes en bois en toute liberté.
Au parc Marc Sangnier à Rennes, les enfants peuvent construire des cabanes en bois en toute liberté. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Un terrain d’aventure vient d’être aménagé dans le parc Marc Sangnier à Rennes.
  • Porté par l’association L’Allumette, le projet offre un espace de jeu et de liberté aux enfants.
  • En construisant des cabanes dans les bois, ces derniers apprennent l’autonomie et la gestion du danger.

Il n’avait encore jamais construit de cabane en bois. Mais depuis quelques jours, Lyam est devenu un expert, maîtrisant particulièrement « le clouage des planches ». Habitant le quartier du Blosne à Rennes, le garçon de 9 ans a fait du parc Marc Sangnier son nouveau QG depuis l’ouverture mi-juin d’un terrain d’aventure. Très développé dans les pays nordiques et en Allemagne, ce concept n’est pas nouveau à Rennes où trois terrains d’aventure ont déjà existé à la fin des années 1970.

Quarante plus tard, l’expérience redémarre grâce à L’Allumette, une association d’éducation populaire et d’animation sociale, qui a réussi à convaincre la ville de lui confier une partie de ce parc urbain, situé à mi-chemin entre les quartiers du Blosne et Francisco Ferrer. Ici, aucun toboggan ou animal sur ressort n’attend les enfants comme dans une aire de jeux classique. Des planches de bois et des outils sont par contre mis à leur disposition afin qu’ils puissent construire des cabanes. « C’est le rêve de tout gosse mais les enfants qui habitent en ville n’ont malheureusement pas cette possibilité », souligne Esteban, président de l’association.

Un lieu de liberté pour acquérir de l’autonomie

Dans ce nouvel espace, gratuit et ouvert à tous, les enfants mènent leur vie comme bon leur semble, laissant libre cours à leur imaginaire. « On ne leur impose aucune activité, ils sont libres de décider ce qu’ils ont envie de faire », indique Esteban. Ceux qui sont tentés de construire une cabane le font en toute autonomie, deux adultes étant tout de même présents pour les encadrer. « On leur explique les règles de sécurité et on fait passer un permis outils aux nouveaux mais sinon ce sont eux qui font tout par eux-mêmes », explique Margo, salariée de l’association.

Au terrain d'aventure, les enfants apprennent à faire par eux-mêmes, les adultes n'étant là que pour les aider ou les conseiller.
Au terrain d'aventure, les enfants apprennent à faire par eux-mêmes, les adultes n'étant là que pour les aider ou les conseiller. - J. Gicquel / 20 Minutes

La démarche, théorisée par Freinet, est celle du tâtonnement expérimental avec un apprentissage par essais et erreurs. « On est aussi sur une pédagogie du risque où les enfants expérimentent pour mieux appréhender le danger », poursuit Esteban. Lancé à titre expérimental pour six mois, le projet de l’association l’Allumette vise aussi à interroger la place des enfants dans la ville. Car selon Esteban, « les villes ne sont pas faites pour les enfants ».

Des aires de jeux inclusives bientôt aménagées

Pour y remédier, la maire Nathalie Appéré a créé l’an dernier un poste d’adjointe chargée de « la ville à taille d’enfant ». Lucile Koch s’intéresse, entre autres, à l’aménagement des aires de jeux, « des espaces trop aseptisés » selon elle. Le projet de terrain d’aventure ne pouvait donc que la séduire. « C’est un lieu de liberté et de rencontre avec la nature pour les enfants, souligne l’élue écologiste. Ils y apprennent l’autonomie mais développe aussi des compétences sociales ».

Dans cet esprit, elle planche également sur l’aménagement d’aires de jeux inclusives où les enfants valides ou porteurs de handicap « pourront jouer ensemble et pas à côté ». La première devrait voir le jour l’an prochain près de l’école Trégain dans le quartier de Maurepas et deux autres ont également été validées dans le cadre du budget participatif.