Rennes : L’interdiction du diesel et la zone à faibles émissions, « ce n’est pas pour demain matin »

POLLUTION La métropole rennaise dit attendre de connaître les contours de la future zone à faibles émissions (ZFE) avant de s’engager

Camille Allain
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Le parc-relais de la Poterie, à Rennes, marquera-t-il l'entrée de la future zone à faibles émissions ?
Le parc-relais de la Poterie, à Rennes, marquera-t-il l'entrée de la future zone à faibles émissions ? — C. Allain / 20 Minutes
  • La métropole rennaise fait partie des 35 territoires qui devront mettre en place une zone à faibles émissions d’ici 2030.
  • La collectivité a récemment adopté une charte de bonnes pratiques pour encadrer la livraison et la logistique dans son hypercentre.
  • Le périmètre de cette zone interdite aux véhicules les plus polluants reste à définir.

Les sénateurs ont repoussé de cinq ans la mise en place des Zones à faibles émissions (ZFE)​. Une déception pour certains, un soulagement pour d’autres. Cette mesure visant à améliorer la qualité de l’air dans les cœurs de ville est déjà en vigueur dans plusieurs métropoles, comme à Paris, Grenoble ou Lyon. Le ministère de la Transition écologique avait annoncé sa volonté d’y associer toutes les grandes agglomérations de plus de 150.000 habitants afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Concrètement, les véhicules les plus polluants ne sont plus autorisés à y pénétrer. Membre de la « troisième liste », la métropole rennaise sait qu’elle devra s’y coller, même si elle ne fait plus partie des villes françaises sous le coup d’un contentieux européen.

Il y a quelques semaines, la collectivité a « anticipé » la mise en place de cette ZFE, qui pourrait se traduire par une interdiction des véhicules polluants en ville, en signant une charte de bonnes pratiques pour les livraisons en ville​. Objectif : bannir les livraisons avec les véhicules diesel d’ici 2030. « Les entreprises ne vont pas changer toute leur flotte en un clin d’œil. Il nous faut anticiper cette transition », avait alors justifié la présidente de la métropole Nathalie Appéré.

« L’objectif, ce n’est pas d’avoir une zone arbitraire »

Soumise aux vignettes Crit’air depuis le 1er octobre 2018, la capitale bretonne pouvait s’attendre à voir les véhicules portant les vignettes 3, 4 et 5 interdites de circulation dans la fameuse ZFE. Pour l’heure, on en est loin. « Ce n’est pas pour demain matin », temporisait la maire socialiste, avant de préciser. « L’objectif, ce n’est pas d’avoir une zone arbitraire. Il faut que cette mesure soit acceptée et comprise. » On ignore pour l’heure quel sera le périmètre concerné (intrarocade ? Hypercentre ?) et si tous les véhicules thermiques seront soumis à cette interdiction de circuler.

D’après le ministère de la Transition écologique, le trafic routier serait responsable d’environ 60 % des émissions de dioxyde d’azote de 30 % des émissions directes de particules fines. A Rennes, les émissions de dioxyde d’azote ont diminué de 24 % sur la rocade par rapport à 2008, et de 12 % en intrarocade.

L’institut AirBreizh a mené pendant deux ans une analyse fine des pollutions de l’air dans la capitale bretonne. Sans être alarmiste, le bilan est loin d’être parfait. « La majorité de la population réside dans des zones faiblement exposées au dioxyde d’azote. Cependant, entre 100 et 750 personnes sont exposées à des dépassements de la valeur limite en moyenne annuelle à leur domicile », expliquait l’institut. Concernant les particules fines, « entre 400 et 4.400 personnes sont exposées quotidiennement à des concentrations pouvant potentiellement dépasser la valeur guide établie par l’OMS ».