Régionales en Bretagne : « Nos débats seront d'autant plus riches »… Loïg Chesnais-Girard élu président mais sans majorité

POLITIQUE Le président sortant devra gouverner sans majorité absolue et composer avec quatre groupes politiques

Camille Allain
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Le président sortant Loïg Chesnais-Girard a été élu président de la région Bretagne le 2 juillet 2021 à Rennes.
Le président sortant Loïg Chesnais-Girard a été élu président de la région Bretagne le 2 juillet 2021 à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Arrivé en tête d’une quinquangulaire en Bretagne, Loïg Chesnais-Girard a été réélu président de la région ce vendredi à Rennes.
  • Le président socialiste sortant a échoué à obtenir la majorité absolue et devra gouverner avec quatre groupes politiques.
  • La région reste aux mains de la gauche, qui gouvernent depuis 2004 et la victoire de Jean-Yves Le Drian.

Il n’avait pas la majorité absolue au soir du second tour. Il ne l’a pas non plus obtenue au « troisième tour ». Elu avec un peu moins de 30 % des suffrages lors des élections régionales en Bretagne, le socialiste Loïg Chesnais-Girard a tout de même été élu président du conseil régional ce vendredi à Rennes. Le socialiste a cependant échoué à rassembler une majorité absolue qui lui aurait permis de gouverner sereinement. Pendant les six ans de son mandat, le successeur de Jean-Yves Le Drian sera sous la menace des quatre autres groupes politiques composant son assemblée. « Nos débats en seront d’autant plus riches », a-t-il lancé dans l’hémicycle.

Loïg Chesnais-Girard espérait convaincre ses anciens alliés de rejoindre sa majorité. Vendredi, les conseillers régionaux membres de la liste de Thierry Burlot (non élu) n’ont pas présenté de candidat à la présidence. Mais ils n’ont pas non plus voté en faveur du président sortant. « Nous serons un groupe d’opposition. Nous ne présenterons pas de candidat à la présidence mais nous voterons blanc », avait prévenu Bernard Marboeuf avant le vote de toute l’assemblée. Face à lui, le président sortant a vu Gilles Pennelle (RN), Claire Desmares-Poirrier (EELV) et Isabelle Le Callennec (LR) présenter leur candidature.

Plus jeune président de région mais aussi le plus mal élu

Fort du soutien de ses 39 colistiers, Loïg Chesnais-Girard a été élu au bout de trois tours, n’ayant pas réussi à convaincre la majorité de l’assemblée de le rejoindre. Pendant les six ans de son mandat, il devra donc composer avec une forte opposition. « Nous tiendrons un observatoire des promesses tenues ou pas. A 14, nous sommes le premier groupe d’opposition », a rappelé Isabelle Le Callennec, présidente du groupe de droite qui succède à Marc Le Fur. « Rattachée, la Bretagne est forte. Nous voulons des avancées collectives », a ajouté Bernard Marboeuf, colistier de Thierry Burlot (LREM), rappelant qu’il évoluerait dans une « opposition constructive ». « Nous avons 80 mois de travail en commun devant nous au service des Bretonnes et des Bretons. Ils nous regardent. Soyons à la hauteur », a lancé le nouveau président.

Agé de 44 ans, Loïg Chesnais-Girard reste le plus jeune président de région de France. Ses détracteurs rappellent aussi qu’il a été le plus mal élu, bien loin du triomphe de Carole Delga en Occitanie​. Sur les 83 élus, cinquante sont nouveaux, soit un taux de renouvellement de 60 %. « Par leur vote, les électeurs ont montré la priorité qu’ils donnaient à la Bretagne face aux enjeux de politique nationale. Je veux me féliciter de voir les idées régionalistes et autonomistes être désormais largement représentées ici. Elles sont aussi les miennes », a conclu le président.