Rennes : La métropole va réduire considérablement la place de la publicité

STOP PUB Un Règlement local de publicité intercommunal (RLPI) est à l’étude afin de mieux préserver les paysages

Camille Allain
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Un panneau numérique de publicité, ici place de la République à Rennes.
Un panneau numérique de publicité, ici place de la République à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • La métropole de Rennes planche sur un plan encadrant la publicité dans ses 43 communes.
  • Le nombre de panneaux disponibles sera clairement réduit à compter de 2022 et les écrans digitaux seront limités.
  • La métropole souhaite ainsi préserver ses paysages et réduire la saturation dans certains secteurs.

« Il y avait des panneaux tous les vingt mètres, plantés en bordure des champs. L’impact visuel était très fort ». Maire de Betton, Laurence Besserve se souvient parfaitement de l’envahissement publicitaire dont sa commune a été victime. Son prédécesseur l’avait bien compris et avait voté en faveur d’un règlement local encadrant strictement l’affichage publicitaire dans cette charmante commune du nord de Rennes. Depuis, bon nombre de panneaux ont disparu, permettant au paysage naturel de reprendre ses droits. Déjà adopté par sept communes de la métropole, ce règlement local sera généralisé à toute l’agglomération dès 2022 et baptisé Règlement local de publicité intercommunal.

Toujours en construction, ce RLPI est actuellement soumis à la consultation de la population, qui est invitée à donner son avis sur la place de la publicité dans l’espace public. Une chose est certaine, le nombre de panneaux va considérablement diminuer. « On ne peut pas parler de métropole zéro pub mais nous allons vers des restrictions sur le nombre de supports et sur leur taille. Pour réduire la pollution visuelle mais aussi améliorer la lisibilité », prévient Laurence Besserve, vice-présidente de la métropole en charge de l’aménagement.

La route de Lorient, à Rennes, est un axe pollué par la publicité.
La route de Lorient, à Rennes, est un axe pollué par la publicité. - C. Allain / 20 Minutes

Sur certains axes proches des zones commerciales, l’empilement de panneaux défigure le paysage et créé une forme de saturation pour les chalands que nous sommes. « On la sensation que la problématique n’est pas trop perçue des citoyens. Peut-être parce qu’on baigne dans la pub depuis qu’on est tout petits. On vit avec, sans vraiment faire attention », estime Maëlle Reneaume, référente du sujet au sein d’Alternatiba.

Vers une interdiction des écrans numériques ?

Son association a été reçue par la métropole et a demandé la limitation de l’affichage dans l’espace public​, la prescription des panneaux les plus grands et la suppression des panneaux numériques. Installés lors du précédent mandat de Nathalie Appéré, ces écrans avaient provoqué la colère des alliés écologistes. La municipalité avait alors défendu une forme d’écologie : pas de papier, pas de colle et pas de véhicule pour faire la tournée des panneaux à chaque changement d’annonceur. « Nous souhaitons les limiter », reconnaît Laurence Besserve.

La métropole a la chance de voir bon nombre de contrats passés avec les publicitaires arriver à échéance en 2022 et 2023. L’occasion de revoir à la baisse les possibilités des mastodontes comme JC Decaux ou Clear Channel. Et le risque d’une perte financière ? « Oui et non. La taxe locale sur la publicité extérieure est surtout basée sur les enseignes. Et elles, elles resteront, même si nous souhaitons les encadrer ». Alternatiba réclame notamment qu’elles soient éteintes entre 1h et 7h du matin comme le prévoit la loi. « Mais tout le monde ne le fait pas », relève Maëlle Reneaume.

Le RLPI devrait entrer en vigueur dès 2022. La métropole promet « qu’il respectera les spécificités des communes ». « On ne peut pas appliquer la même règle à Rennes, Chantepie ou Cesson-Sévigné qu’à Bécherel », estime la vice-présidente de Rennes Métropole. « Leur projet est ambitieux. On attend de voir les actes », prévient Maëlle Reneaume.