Rennes : Bientôt des observateurs pour surveiller les manifestations ?

LIBERTE Six organisations emmenées par la Ligue des droits de l'Homme ont lancé l'Observatoire rennais des libertés publiques

C.A. avec AFP

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Des feux de poubelle ont été allumés à Rennes à l'occasion de la grève du 5 décembre 2019.
Des feux de poubelle ont été allumés à Rennes à l'occasion de la grève du 5 décembre 2019. — C. Allain / 20 Minutes

La crise sanitaire a fait ralentir le rythme des manifestations à Rennes. Prompte à se mobiliser, la capitale bretonne a connu des épisodes intenses de contestation sociale, notamment lors de la lutte contre la loi Travail défendue en 2016 par Myriam El Khomri. Fort de ce constat, un collectif de six organisations emmené par la Ligue des droits de l’Homme a lancé ce vendredi l’Observatoire rennais des libertés publiques (Orlib). Son objectif ? Mieux faire respecter les droits de tout citoyen, notamment lors de manifestations.

« Depuis 2016 avec la loi Travail, on constate un accroissement très important des manifestations à Rennes. La question s’est posée de savoir comment on pouvait, de manière très objective, avoir des données sur des atteintes aux libertés dans le cadre de ces manifestations », a déclaré lors d’une conférence de presse Me Olivier Pacheu, avocat et membre de la LDH. Le collectif, composé de plusieurs syndicats et mouvements ancrés à gauche (Solidaires, Attac, FSU, la Libre-pensée d’Ille-et-Vilaine et Syndicat des avocats de France) estime que « les libertés publiques subissent des assauts répétés, particulièrement en ces périodes d’états d’urgence successifs ».

Des observateurs « en toute neutralité » dans les cortèges

L’Orlib se donne pour objectif de réaliser un recueil d’informations et de témoignages. Après avoir été formés, des observateurs vêtus de chasubles estampillées « Orlib » seront missionnés par groupes de trois pour observer les manifestations. Le collectif assure qu’il œuvrera « en toute neutralité » pour évaluer la stratégie de maintien de l’ordre en manifestation. Certaines composantes du collectif, comme Solidaires ou Attac, sont bien connues pour dénoncer les violences policières.

« L’idée est d’avoir un réceptacle commun des doléances pour établir des liens qui ne se font pas aujourd’hui et documenter tout cela », a renchéri Me Nicolas Prigent, avocat et adhérent de la LDH. Il existe une douzaine d’observatoires de ce type en France.