Rennes : Flambée de l'immobilier, construction en hauteur, préservation des terres… La métropole révise son plan de l’habitat

LOGEMENT Les prix des logements ont nettement augmenté ces dernières années dans la capitale bretonne, poussant la municipalité à construire davantage

Camille Allain

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La métropole rennaise veut conserver sa ceinture verte.
La métropole rennaise veut conserver sa ceinture verte. — C. Allain / 20 Minutes
  • Attractive, la métropole rennaise doit faire face à une flambée du prix de l'immobilier, en raison du déséquilibre entre l'offre et la demande.
  • Pour tenter de limiter cette hause, la collectivité pourrait construire davantage encore qu'elle ne l'a fait au cours du précédent plan local de l'habitat.
  • Réuni jeudi soir, le conseil métropolitain a défini les ambitions de ce future PLH, qui devrait entrer en vigueur en 2022.

Les habitués l’appellent le « PLH ». Pilier de la politique métropolitaine, le plan local de l’habitat est en pleine révision dans les bureaux de la métropole rennaise. Un sujet compliqué et qui porte souvent à contestation.

Quand certains appellent à préserver les terres agricoles, d’autres refusent la construction en hauteur. Sans parler de ceux qui critiquent, souvent à raison, la hausse des loyers. A Rennes, la tendance est claire. Depuis quelques années, le prix de l’immobilier a nettement progressé, dans le neuf comme dans l’ancien. La faute à la hausse des coûts de construction mais aussi à l’attractivité du territoire, qui entraîne un déséquilibre entre l’offre et la demande. Le mécanisme économique est alors inévitable :  les prix grimpent.

En 2015, lors de l’entrée en vigueur du précédent PLH, la métropole avait prévu de livrer 24.000 logements. Six ans après, le contrat est rempli et même dépassé avec près de 27.000 logements construits, comme l’ont rappelé les élus jeudi soir en conseil métropolitain. « Nous avons toujours une politique de l’habitat qui nous est enviée. Mais il y a des indicateurs qui nous poussent à réfléchir​. Le prix de l’immobilier a fortement grimpé et nous avons une offre insuffisante sur notre territoire », estime Honoré Puil, vice-président de la métropole en charge du logement. Faut-il envisager d’augmenter encore le rythme de construction, déjà critiqué par certains ? « Je ne veux pas donner de chiffre avant la concertation. Mais si on ne fait rien, on va exclure les classes moyennes de la ville. Nos prédécesseurs l’avaient connu dans les années 2000. Il avait fallu un « choc de l’offre » pour garder une composition mixte de la population », rappelle l’élu du Parti radical de gauche.

Une maison avec jardin pour tous ? « Ce n’est plus possible aujourd’hui »

Avant d’adopter son nouveau PLH, la métropole ambitionne de concerter ses quelque 400.000 habitants pour connaître leur regard sur la politique du logement. Et tenter de savoir à quoi ressemblerait leur habitat rêvé. « Quand on interroge les habitants, tout le monde aimerait avoir une maison avec jardin. Mais ce n’est plus possible aujourd’hui. Il faut construire la ville différemment, tout en faisant en sorte qu’elle reste agréable à vivre », poursuit Honoré Puil. La préservation du foncier agricole et naturel, grignoté de toutes parts, sera au cœur du débat.

Ces derniers mois, des voix se sont élevées en même temps que certains immeubles. A la Poterie, un projet a été raboté de cinq étages (12 au lieu de 17) après la mobilisation de riverains opposés à une telle hauteur. « On ne peut pas s’étaler, donc si on veut conserver notre ceinture verte, on n’a pas trop le choix », justifiait l’adjoint à l’urbanisme Marc Hervé. Pour ne pas affronter seule la question de la construction de logements, la capitale bretonne entend fixer des objectifs ambitieux aux 42 autres communes de l’agglomération. Et veut même discuter avec les communautés de communes voisines pour envisager une politique commune.