Rennes : Comment une pension pour chiens pourrait contribuer à la meilleure santé des personnes sans-abri

ANIMAUX L’association Gamelles Pleines recherche un terrain pour ouvrir un lieu d’accueil gratuit

Camille Allain

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NE PAS REUTILISER. A Rennes, l'association Gamelles Pleines espère ouvrir une pension pour accueillir les chiens des personnes sans-abri.
NE PAS REUTILISER. A Rennes, l'association Gamelles Pleines espère ouvrir une pension pour accueillir les chiens des personnes sans-abri. — Thomas Juilliere
  • A Rennes, l’association Gamelles Pleines a pour ambition d’ouvrir une pension pour accueillir les chiens des sans-abri.
  • L’objectif est de permettre aux propriétaires des animaux de prendre le temps de se faire soigner sans avoir à se préoccuper de leur chien.
  • Les soins permettent aussi aux personnes en précarité d’avoir accès à des dispositifs d’accompagnement au logement ou à l’emploi.

Ils refusent le terme de chenil. Leur projet à eux, c’est d’ouvrir une pension. A Rennes, les membres de l’association Gamelles Pleines sont à la recherche d’un bien rare. Un terrain libre d’au moins 500 m² sur lequel ils pourraient installer leur pension et accueillir les chiens des personnes sans domicile fixe. Pourquoi ? Pour leur offrir la possibilité de se soigner. « L’accès aux soins est bien souvent ralenti par la présence du chien. Certains ont la possibilité de le laisser à des amis mais ce n’est pas le cas de tout le monde », explique Charlotte Verrier, présidente de l’antenne rennaise de Gamelles Pleines.

Depuis 2014, l’association vient en aide aux personnes les plus démunies à travers leur chien. En proposant à moindre coût de la nourriture et parfois des soins, les bénévoles parviennent à nouer un contact privilégié avec les personnes sans-abri. « Les personnes que nous accompagnons ont un lien très fort avec leur animal. Il peut être un compagnon, un confident, une source d’affection, de chaleur, un outil pour se protéger. Mais il empêche l’accès à bon nombre de structures, aux transports et surtout aux soins », poursuit Charlotte Verrier.

Une jauge maximale déjà dépassée ?

Sa pension, l’association sait qu’elle ne pourra pas l’ouvrir avant 2022. Elle sait aussi que la capacité maximale de neuf chiens sera sans doute rapidement dépassée face à l’attente grandissante des personnes sans domicile fixe. Cette jauge maximale est fixée par la réglementation sanitaire départementale, qui impose une distance d’au moins 150 mètres autour d’une pension de dix chiens ou plus. « Il faudra bien communiquer avec les voisins, expliquer notre démarche et convaincre de l’utilité de notre projet », anticipe la présidente.

Le projet n’est pas seulement d’offrir un lieu d’accueil pour quelques animaux mais bien d’offrir à leur propriétaire la possibilité de se soigner, même sur le long terme, sans avoir à se soucier du devenir de leur compagnon préféré. « On ne fixera pas de limite de temps car certains traitements sont lourds, certains sevrages aussi. »

« On accroche un public que l’on a parfois du mal à capter »

L’objectif est multiple pour l’association Gamelles Pleines. En poussant les portes d’un établissement de santé, les personnes sans-abri peuvent trouver de multiples ressources. Un accompagnement leur est proposé pour avoir accès à un logement, à une couverture de santé, à des ressources, à un renouvellement des papiers d’identité, allant jusqu’à envisager un retour à l’emploi. « On accroche un public que l’on a parfois du mal à capter ». Soutenue par la ville, l’idée de cette pension pour chiens semble faire son chemin. Ne manque qu’à trouver le terrain. Que toute personne intéressée lève la main.