Rennes : L’abandon du projet pharaonique Open Sky coûtera 5,5 millions d’euros… Et après ?

COMMERCE Le conseil de Rennes Métropole devrait acter le paiement de cette indemnité jeudi soir

Camille Allain

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Le projet de zone commerciale Open Sky à Pacé, près de Rennes, tel qu'imaginé par le promoteur immobilier. Un projet qui ne verra jamais le jour.
Le projet de zone commerciale Open Sky à Pacé, près de Rennes, tel qu'imaginé par le promoteur immobilier. Un projet qui ne verra jamais le jour. — Compagnie de Phalsbourg
  • Contesté, le projet de zone commerciale Open Sky à Pacé, près de Rennes, a bien été abandonné.
  • Jeudi soir, le conseil de Rennes Métropole devra valider l’indemnité de 5,5 millions d’euros qui sera versée au promoteur La Compagnie de Phalsbourg en raison du préjudice causé.
  • La collectivité veut ainsi éviter un long contentieux pour faire avancer le dossier. L’opposition crie à l’argent gaspillé.

Un fiasco. On ne va pas se cacher derrière les mots, le projet commercial Open Sky qui devait être construit à Pacé, près de Rennes, a viré au fiasco. Deux ans après l’annonce surprise de son abandon par l’ancien président de la métropole Emmanuel Couet, le vice-président de l’agglomération Sébastien Sémeril a fait savoir qu’un accord avait été trouvé avec le porteur du projet. Si les élus métropolitains votent en ce sens, la collectivité versera 5,5 millions d’euros d'indemnité à la Compagnie de Phalsbourg. « Pour rien », comme aime à le rappeler l’élue d’opposition Carole Gandon (LREM) qui n’hésite pas à évoquer « de l’argent jeté par les fenêtres ».

Ce projet pharaonique prévoyait 26.000 m² de surfaces commerciales et 1.400 places de parking sur une surface totale de neuf hectares située aux abords de la zone de la Touche, qui accueille déjà les locomotives Ikea et Cora. Longtemps contesté en justice, le projet avait été validé par le Conseil d’État en décembre 2018 et la vente de sept des neuf hectares avait été actée dans la foulée. Un mois plus tard, le patron de la métropole enterrait l’idée. « Je comprends que le système commercial ait évolué et que ce projet a pu être abandonné​. Mais c’est ce timing qui nous avait choqués », rappelle Hervé Depouez, le nouveau maire de Pacé.

Lui comme son prédécesseur Paul Kerdraon étaient attachés à cette ambition de dynamiser cette partie ouest de la ville, la seule que l’on peut considérer comme « sous-dotée », en comparaison aux axes menant à Nantes, Saint-Malo ou Paris, qui ont tous vu leur offre s’étoffer ces dernières années. « Cinq millions d’euros, c’est une sacrée somme, mais ça permet d’avancer », explique le maire.

« Nous n’étions pas vraiment en position favorable pour négocier »

Vice-président chargé du développement économique, Sébastien Sémeril explique que cette indemnité était « la meilleure solution » pour sortir de ce bourbier. « Les discussions ont été âpres. La Compagnie de Phalsbourg était propriétaire des terres et nous n’étions pas vraiment en position favorable pour négocier. On aurait pu avoir un contentieux judiciaire très coûteux et très long, qui nous aurait empêché d’avancer. Là, au moins, l’histoire redémarre ».

Si le conseil métropolitain vote en faveur de cette indemnité, la société publique Territoires pourra racheter les sept hectares qu’elle avait vendus. L’indemnité de 5,5 millions d’euros sera quant à elle inscrite au budget de la Zone d’aménagement concerté (ZAC). Un caillou dans la chaussure que la collectivité espère bien retirer en développant des activités. Car si le projet de centre commercial est abandonné, l’ancienne zone agricole ne sera pas pour autant rendue à la nature. « Le projet était passé et dépassé. Mais la zone accueillera de l’activité économique, artisanale et commerciale car elle en a besoin. Nous allons nous mettre au travail dans les jours qui viennent. Nous aurons besoin d’un peu de temps mais je suis confiant », estime Sébastien Sémeril.

« Un nouveau chapitre s’ouvrira jeudi soir »

Le maire de Pacé partage cet optimisme. Selon lui, la nouvelle zone n’aura aucun mal à trouver des acquéreurs même si son modèle économique reste à définir. « L’attractivité de cette route est reconnue. C’est celle qui ouvre sur la Bretagne », avance Hervé Depouez. Pour l’heure, aucune enseigne n’aurait émis le souhait officiel de s’y implanter. « Un nouveau chapitre s’ouvrira jeudi soir vers 22 h », prévient Sébastien Sémeril. A cette heure, la majorité de gauche devrait avoir autorisé la présidente de la métropole Nathalie Appéré à signer l’accord d’indemnisation. Non sans regrets.