Rennes : Les P’tits Doudous lancent une application pour rassurer les parents des enfants hospitalisés

ALLO MAMAN BOBO L’association rennaise avait déjà innové en proposant un jeu à destination des enfants

Camille Allain

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Nolwenn Febvre est infirmière anesthésiste à l'Hôpital Sud de Rennes et fondatrice de l'association Les P'tits Doudous.
Nolwenn Febvre est infirmière anesthésiste à l'Hôpital Sud de Rennes et fondatrice de l'association Les P'tits Doudous. — C. Allain / 20 Minutes
  • L’association Les P’tits Doudous a mis au point une application permettant aux parents de suivre le parcours de leur enfant lorsqu’il est hospitalisé.
  • Née à Rennes, la structure est désormais présente dans 88 établissements de santé.
  • Elle avait déjà innové avec un jeu mis au point par des soignants pour rassurer les enfant dans les unités pédiatriques.
  • En recyclant le matériel médical usagé, les bénévoles récoltent de l’argent pour acheter des doudous aux enfants hospitalisés.

Elle ne peut pas s’empêcher d’avoir de nouvelles idées. Après avoir contribué à faire quasiment cesser les pleurs d’enfants dans son service pédiatrique, Nolwenn Febvre veut désormais s’attaquer à rassurer leurs parents. En 2014, cette infirmière anesthésiste officiant à l’Hôpital Sud, à Rennes, avait fondé l’association Les P’tits Doudous. En incitant à recycler le matériel médical usagé pour le revendre à des ferrailleurs, elle était parvenue à financer l’achat de peluches pour tous les enfants hospitalisés dans son établissement pédiatrique.

Quelques mois plus tard, elle et son infatigable équipe de bénévoles avaient mis sur pied un jeu disponible sur tablette permettant de rassurer les enfants inquiets de partir au bloc, et éviter les pleurs qui déchiraient chaque jour le cœur et les oreilles des soignants. « Nous n’avons quasiment plus de pleurs. C’est devenu presque anormal. Les enfants partent au bloc avec le sourire, puis s’endorment », explique l’infirmière. A leur retour, ils se voient remettre une petite peluche de la marque nantaise Moulin Roty, comme un témoin d’un passage.

Saluée par toute la profession, l’application « Le héros c’est toi » mise au point par la société Niji est désormais utilisée dans la plupart des 88 établissements de santé où l’association Les P’tits Doudous est implantée. Aussi bénéfique soit-il, ce jeu n’a pas pour autant réglé tous les tracas du monde hospitalier. Et c’est désormais les parents que les soignants doivent rassurer. « Quand on sort du bloc, on a parfois des parents qui nous demandent des nouvelles de leur enfant. Mais on a huit salles d’opération ! Bien souvent, on ne sait pas qui ils sont et où est leur enfant. On passe beaucoup de temps à les rassurer. C’est embêtant pour nous, comme pour eux », témoigne David Blouin, infirmier anesthésiste et pilier de l’association.

« J’étais juste sortie téléphoner car on m’avait dit que j’avais le temps. Quand je suis remontée, j’ai vu mon garçon tout seul, hagard dans un lit »

L’association a donc entrepris de développer «KeepContact», une nouvelle application permettant aux parents de suivre le parcours de leur enfant. « L’idée nous est venue avec Elias, le fils d’une collègue. Comme on la connaissait, on lui envoyait un SMS quand son garçon était sorti. On s’est dit que l’on pourrait facilement faire la même chose pour le grand public », explique Nolwenn Febvre. A chaque étape, un soignant scanne un QR code permettant aux parents de savoir où en est leur enfant. Un outil loin d’être gadget pour certains, surtout lors d’opérations qui peuvent durer plusieurs heures, et qui leur permet d’être au plus près de leur enfant dès qu’il se réveille. « J’étais juste sortie téléphoner car on m’avait dit que j’avais le temps. Quand je suis remontée, j’ai vu mon garçon tout seul, hagard dans un lit, sans personne autour de lui », témoigne Claire, une jeune maman.

Mise au point par des étudiants de Supélec Paris, l’application sera testée cette semaine dans les services de l’Hôpital Sud, où elle a reçu un bon accueil. En cas de succès, elle pourrait être proposée aux 88 antennes des P’tits Doudous présentes en France et dans les DOM TOM, sans que les hôpitaux n’aient à dépenser un seul euro. « On leur fait gagner de l’argent en recyclant le matériel usagé. Ce serait bien qu’un jour on nous aide », lance Nolwenn Febvre. Lauréate d’une bourse de l’ONG Ashoka, Nolwenn Febvre peut consacrer 50 % de son temps à l’association. C’est elle qui a tenu à continuer à travailler à l’hôpital. Tout un symbole pour celle qui vient d’être nommée Chevalier de l’ordre national du mérite. L’hôpital n’a peut-être pas de moyens sur la table, mais il a des soignants formidables.