Rennes : Un projet d’école alternative en pleine nature est en train de germer

EDUCATION Des parents recherchent des locaux pour établir leur établissement mélangeant les méthodes Montessori, Steiner et Freinet

Camille Allain

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Illustration d'enfants marchant au milieu d'un potager.
Illustration d'enfants marchant au milieu d'un potager. — C. Allain / 20 Minutes
  • Une école hors contrat basée sur différentes pédagogies alternatives est en projet à Rennes.
  • Les deux femmes à la tête de ce projet souhaitent trouver des locaux en milieu rural, pour « reconnecter les enfants à la nature ».
  • Deux classes devraient ouvrir à la rentrée. Malgré le prix élevé, les parents sont de plus en plus nombreux à s’intéresser aux méthodes alternatives.

L’épidémie de Covid-19 n’aura fait que conforter l’idée qu’elles étaient sur le bon chemin. Depuis plusieurs mois, Anne-Hélène Sero et Céline Pageot planchent sur leur projet d’école alternative à Rennes. Bien avant que la crise sanitaire ne vienne bouleverser nos vies, les deux femmes étaient convaincues d’une chose : il leur fallait implanter leur établissement en pleine nature. « Nous voulons que les enfants évoluent au contact de la nature, pas dans une cour bitumée », explique Céline Pageot.

Cette maman de deux enfants a « toujours voulu inventer » une nouvelle école. Elle a pris la décision de le faire après la fermeture de l’école des Capucines, à Vern-sur-Seiche, où son fils était scolarisé. Cet établissement « hors contrat » basé sur la pédagogie Steiner-Waldorf faisait face à des problèmes de gouvernance et de trésorerie et avait dû fermer subitement en 2018. Depuis, son garçon a repris le chemin de l’école « traditionnelle ». « Tout se passe bien mais il me dit quand même qu’il passe beaucoup de temps sur sa chaise », résume la maman.

Anne-Hélène Sero et Céline Pageot souhaitent créer l'école Graines de joie dans la métropole de Rennes.
Anne-Hélène Sero et Céline Pageot souhaitent créer l'école Graines de joie dans la métropole de Rennes. - C. Pageot

Pour son projet « Graines de joie » imaginé avec l’éducatrice spécialisée Anne-Hélène Sero, Céline Pageot souhaite mélanger les différentes pédagogies éducatives dites « alternatives » souvent basées sur l’autonomie des élèves : Montessori, Steiner-Waldorf et Freinet, pour les plus connues. « L’objectif, c’est de s’adapter à l’enfant, de lui proposer des outils en fonction de son tempérament et de son fonctionnement ».

Une demande de plus en plus forte, malgré le prix

Deux classes multiniveaux regroupant des enfants de 3 à 6 ans et de 6 à 12 ans pourraient être créées dès septembre. Mais à moins de neuf mois de la rentrée, il faut d’abord à « Graines de joie » trouver son local idéal. Pas simple quand on souhaite faire classe en pleine nature dans une métropole. « On souhaite leur apprendre à cultiver, à façonner un potager. La nature offre plein de possibilités de transversalité. Quand on veut créer une mare, on doit faire appel aux mathématiques, à la biologie ». Les deux femmes espèrent planter leur graine à la Prévalaye, où une ancienne ferme à l’abandon pourrait les accueillir. Une réunion avec la ville est prévue dans un mois.

Cette méthode alternative aura cependant un coût pour les parents, évalué à 300 euros par mois et par enfant. « C’est la moyenne à Rennes », précise Céline Pageot. Un montant qui n’est pas à la portée de tous mais n’empêche pas toutes les écoles alternatives de la métropole d’avoir de longues listes d’attente, preuve de l’engouement pour ces méthodes en marge de l’Education nationale. D’après le rectorat, la région compte quatorze établissements alternatifs, dont six sont situés en Ille-et-Vilaine. Seul un est sous contrat avec l’académie.