Coronavirus en Ille-et-Vilaine : La rave de 2.500 personnes se poursuivait ce vendredi soir

FAITS DIVERS Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a convoqué vendredi soir à Beauvau une réunion pour mettre fin à cette fête sauvage

20 Minutes avec AFP
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A Lieuron, lors d'une rêve party du Nouvel An.
A Lieuron, lors d'une rêve party du Nouvel An. — AFP

Incroyable mais vrai. Ce vendredi soir la rave continuait au sud de Rennes. Quelque 2.500 personnes, venues de toute la France et même de l’étranger, se sont donné rendez-vous pour fêter le Nouvel an lors d’une fête sauvage que n’ont pu empêcher les autorités.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a convoqué vendredi soir à Beauvau une réunion sur la rave avec le préfet et des membres du cabinet. « Je travaille avec eux cette nuit au rétablissement d’une situation normale en permettant au maximum l’intégrité physique de tous », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Un « rassemblement de zadistes » selon le député d’Ille-et-Vilaine

Ce vendredi vers 20h30, sur place, la fête continuait au son de la musique techno, tandis que des gendarmes, postés aux ronds-points environnants, empêchaient de nouveaux participants de se rendre à la rave, a constaté un photographe de l’AFP présent sur les lieux. « Les contrôles de gendarmerie aux abords du site se poursuivent. Verbalisation systématique de toutes les personnes quittant les lieux, plus de 200 PV déjà relevés », indiquait la gendarmerie sur les réseaux sociaux.


Le député d’Ille-et-Vilaine Florian Bachelier (LREM) estimait sur son compte Twitter que « ce rassemblement de zadistes » faisait « honte à notre pays, à nos soignants mobilisés depuis des mois, à nos morts. Puisse l’autorité judiciaire leur faire comprendre rapidement et radicalement le sens du mot responsabilité. L’Etat doit rétablir l’ordre public immédiatement ».

Les gendarmes pris à partie

Les gendarmes ont tenté jeudi soir « d’empêcher cette installation et ont fait face à la violente hostilité de nombreux teufeurs », explique la préfecture d’Ille-et-Vilaine dans un communiqué. Lors de ces affrontements « un véhicule de la gendarmerie a été incendié, trois autres dégradés et les militaires ont essuyé des jets de bouteilles et de pierres, occasionnant des blessures légères », précise-t-on de même source.

Isabelle, une riveraine âgée d’une soixantaine d’années qui habite dans les quelques maisons à proximité des hangars, « désaffectés depuis quelques mois », explique que l’arrivée des fêtards jeudi soir a été « spectaculaire » mais « c’est un peu choquant ».

Une enquête ouverte

En pleine épidémie de Covid-19 « on essaye de faire ce qu’il faut et quand on voit ce qu’il y a en face… il est où le respect ? », interroge-t-elle. Selon la préfecture le nombre de « teufeurs » est estimé vendredi matin à 2.500 « en provenance de différents départements et de l’étranger ».

Des secouristes sont sur place pour distribuer gel et masques « afin de limiter les risques de propagation du virus au sein du rassemblement » qui a été interdit par arrêté préfectoral.

La préfecture précise que le parquet a ouvert une enquête pour « organisation illicite d’un rassemblement festif à caractère musical », « violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique », « dégradation du bien d’autrui en réunion » ou encore « travail dissimulé », « tenue illicite d’un débit de boissons » et « infractions à la législation sur les stupéfiants et notamment la facilitation de l’usage ».