Tombée amoureuse du théâtre à l’hôpital, Stéphanie invite des novices sur scène

GENEROSITE La jeune femme a déjà fait jouer une ancienne députée ou sa professeure de français

Camille Allain

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Stéphanie Boutros a invité 
son cousin Ludovic Salmon à partager une pièce de théâtre avec elle.
Stéphanie Boutros a invité son cousin Ludovic Salmon à partager une pièce de théâtre avec elle. — Studio Maignan
  • Stéphanie Boutros est une comédienne amateur qui invite des novices à partager la scène avec elle.
  • Hospitalisée à de nombreuses reprises pendant sa jeunesse, la jeune femme a découvert le théâtre grâce aux vidéos que lui montrait sa mère.
  • Avec une trentaine de représentations, Stéphanie aura permis de récolter 80.000 euros en faveur de la lutte contre le cancer. Elle vient d’être distinguée pour son engagement et jouera son ultime spectacle en avril.

Son parcours ne ressemble à aucun autre. Née sans vessie il y a un peu plus de trente ans, Stéphanie Boutros a passé une grosse partie de sa jeunesse à l’hôpital. Opérée à une cinquantaine de reprises, la jeune Bretonne a pu tirer profit de ses longs séjours pour se découvrir une passion pour le théâtre​. « Ma maman me montrait des pièces à la télé. Ça m’a beaucoup aidée à me sentir bien, à passer le cap. Le théâtre me faisait rire, ça me remontait le moral », raconte la jeune femme qui réside à Vitré (Ille-et-Vilaine).

A force de visionner les comédies pendant des heures, elle a fini par connaître les dialogues par cœur, au point d’oser monter sur les planches pour les déclamer. Bien lui en a pris. Depuis une douzaine d’années, elle invite des novices à monter sur scène avec elle pour partager son goût du rire. Sa sœur et sa mère y sont passées, son ancienne prof de français aussi. Et même l’ancienne députée Isabelle Le Callennec.

« C’est un dépassement de soi »

Depuis son inscription au sein de la troupe de théâtre de son lycée il y a près de quinze ans, la jeune femme s’est lancé le défi de monter les pièces seules et d’y associer ses cobayes. « C’est un dépassement de soi, un vrai défi. Souvent, les gens sont très stressés mais une fois que le rideau s’ouvre, ils se dépassent ». La preuve avec Sandrine Foricher, sa professeure de français, qui fut la première à l’initier au théâtre.

Il aura fallu à chaque fois un an de répétitions hebdomadaires pour mettre sur pied les pièces de théâtre de boulevard comme Le gros n’avion, Bonne année toi-même, Ma sœur est un chic type ou encore Final, qu’elle aurait dû jouer en mai, le soir de ses 30 ans. « On a dû la reporter à cause du Covid. Je devais m’arrêter là-dessus, j’étais déçue. Au final, on devrait la jouer en avril. Ce sera la dernière », explique la jeune femme.

Son engagement pour faire rire, Stéphanie l’a combiné avec une noble cause, puisque l’ensemble des fonds est reversé à la lutte contre le cancer. Un choix qui lui a valu d’être récompensée d’une médaille d’or attribuée par la Ligue contre le cancer il y a quelques semaines. « La maman de ma première partenaire sur scène était malade d’un cancer. Ça m’a ouvert les yeux sur cette cause. » Avec tous ses spectacles, Stéphanie Boutros aura récolté 80.000 euros, qui auront permis de financer les travaux d’aménagement à l’Hôpital sud de Rennes. Et d’aider les enfants malades à « mieux vivre » leur hospitalisation. Comme un moyen pour Stéphanie de restituer au personnel soignant tout ce qu’il lui a donné dans sa jeunesse. De vivre, tout simplement.