Toussaint : Un QR code et de la réalité augmentée pour fleurir les tombes de souvenirs

HOMMAGE Un jeune ingénieur rennais a créé la société RequiemCode après le décès de son grand-père au printemps

Camille Allain
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Le jeune ingénieur rennais Lilian Delaveau a créé RequiemCode, une solution de réalité augmentée pour honorer la mémoire des morts.
Le jeune ingénieur rennais Lilian Delaveau a créé RequiemCode, une solution de réalité augmentée pour honorer la mémoire des morts. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un ingénieur rennais a créé RequiemCode, une solution de réalité augmentée pour rendre hommage aux défunts.
  • Grâce à un QR code apposé sur la tombe, la famille peut visionner des photos ou vidéos.
  • A l’approche de la Toussaint et du fleurissement des tombes, cette nouvelle technologie intrigue.

Son grand-père est parti au printemps, alors que la France se confinait. Dans son malheur, Lilian Delaveau a eu « la chance » de pouvoir dire au revoir à son papy dignement, avant que les enterrements ne deviennent quasi impossibles en raison de l’épidémie de Covid-19. « La cérémonie était belle. On a pu lui rendre hommage. Mon grand-père a bien vécu, il y avait beaucoup de choses à raconter ». Mais au moment d’inhumer le cercueil, le jeune homme a ressenti un étrange vide quand le corps de son grand-père s’est posé sur la terre du cimetière du Loiret où il a vécu. « Il n’y avait pas encore son nom. On ne savait rien de lui, de son histoire. J’ai regardé les autres tombes autour et je me suis demandé où étaient tous les souvenirs », raconte l’ingénieur de 26 ans.

De retour chez lui, Lilian Delaveau a partagé son constat avec sa compagne et son père. Quelques mois plus tard, le trio mettait au monde son bébé, baptisé RequiemCode. Cette solution de réalité augmentée permet aux familles d’avoir accès à des photos ou des vidéos du défunt, à l’aide d’un QR code apposé sur la stèle. En scannant la petite plaque, le visiteur voit apparaître sur son smartphone une série d’images en réalité virtuelle que la famille du défunt a sélectionnées pour honorer sa mémoire. Un premier test a été mené sur la tombe d’une grand-mère enterrée au cimetière de l’Est, à Rennes, et le rendu est de qualité. En plus des photos du passé, le jeune entrepreneur rêverait de voir ses clients enregistrer un message de leur vivant afin « de laisser une trace ».

« Il y a des histoires dans tous les cimetières »

Alors que la Toussaint approche et que les familles se pressent pour fleurir les tombes de leurs proches, le jeune homme voit sa solution susciter l’intérêt grandissant, notamment des sociétés de pompes funèbres. Proposée à 99 euros, elle permet aux proches d’un défunt d’avoir un accès privé aux images. Le code peut même être rendu public si la famille le souhaite. « Ma conviction, c’est que cela devrait être public. On pense toujours aux célébrités du cimetière du Père-Lachaise. Mais il y a des histoires dans tous les cimetières. Des scientifiques, des musiciens, des anonymes qui avaient un rire exceptionnel. Ils méritent que l’on se souvienne d’eux ».

On peut cependant s’interroger sur l’acceptation de cette solution dans un lieu de culte souvent calme et propice au recueillement. Un lieu de tradition où la technologie n’a pas beaucoup de place, même si le Covid-19 a là aussi tout chamboulé. « J’avais un peu peur de la réticence d’une partie de la population croyante assez conservatrice. Mais pour l’heure, les retours sont bienveillants ». Après tout, les digitales sont aussi le nom d’une fleur.