Coronavirus à Rennes : Comment la municipalité compte façonner un « centre-ville apaisé »

MOBILITES Les aménagements transitoires mis en place pour les piétons et cyclistes au déconfinement seront pérennisés à Rennes

Camille Allain

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Rennes va pérenniser ses aménagements transitoires mis en place en faveur des cyclistes et piétons au déconfinement.
Rennes va pérenniser ses aménagements transitoires mis en place en faveur des cyclistes et piétons au déconfinement. — C. Allain / 20 Minutes
  • Mis en place au déconfinement pour éviter le recours à la voiture solo, les aménagements piétons et cyclistes seront pérennisés à Rennes.
  • La ville souhaite transformer son centre-ville en une « zone apaisée ».
  • Le nombre de cyclistes a progressé de 6 % de septembre 2019 à septembre 2020.

Les aménagements transitoires seront conservés. Mises en place au déconfinement, les voies cyclables, vélos-rues et zones piétonnes élargies vont être pérennisées dans le centre-ville de Rennes. Ce n’est évidemment pas une surprise mais cela reflète la philosophie de la nouvelle majorité municipale. En attendant la livraison de la ligne B du métro, annoncée pour juin 2021, la ville souhaite façonner « un centre-ville apaisé » accessible à tous. « Ces aménagements ne sont pas une lubie des élus rennais. Ils ont été mis en place pour éviter que nos habitants ne se reportent sur la voiture individuelle au moment du déconfinement. Et ça a fonctionné », se félicite l’écologiste Valérie Faucheux, adjointe aux mobilités.

Pour s’assurer de l’utilité de ses aménagements, la ville a mené une enquête de satisfaction, assortie d’un questionnaire. A une écrasante majorité, les sondés valident l’utilité des efforts consentis en faveur des modes doux. Les bornes de comptage des cyclistes ont d’ailleurs connu des fréquentations records ces derniers mois. En septembre, le nombre de cyclistes a progressé de 6 % dans la capitale bretonne. « Ces aménagements ne servent pas qu’aux vélos et piétons. A République, les chauffeurs de bus sont beaucoup plus tranquilles de ne pas avoir des cyclistes sur leur voie », poursuit Marc Hervé, premier adjoint de Nathalie Appéré. A la mise en service de la ligne B, 600 passages quotidiens de bus seront supprimés.

Lorsque certains aménagements ne s’avéraient pas pertinents, la ville les a modifiés, à l’image de la piste cyclable du boulevard de la Tour d’Auvergne, qui a été repensée. « Les bus se retrouvaient dans le trafic automobile et accusaient de gros retards », rappelle Valérie Faucheux. Les cyclistes partagent donc leur voie avec les bus. Pas idéal mais plus cohérent.

« Notre centre-ville ne doit pas être interdit aux voitures »

Dans les mois qui viennent, la ville va donc s’atteler à changer l’ensemble des plots et marquages temporaires, souvent matérialisés en jaune, pour les draper de blanc et les rendre définitifs. Des opérations qui interrogent les automobilistes, qui voient parfois le nombre de voies qui leur sont réservées se réduire. « Notre centre-ville ne doit pas être interdit aux voitures. Nous devons garder la capacité de venir en ville avec sa voiture, en stationnant dans les parkings en ouvrage. C’est davantage le transit en centre-ville qui nous pose question », explique Marc Hervé. « Nous sortons de cinquante ans à favoriser la voiture. Nous avons ensuite pensé que nous pourrions faire cohabiter tout le monde. Maintenant, il nous faut faire des choix, sans opposer les uns et les autres », conseille Valérie Faucheux.

Pour limiter la congestion, l’élue écologiste prône « d’essayer un autre mode de transport que la voiture une ou deux fois par semaine. En faisant ça, les Rennais laissent la place à ceux qui en ont vraiment besoin ». Pas certain que le message soit accepté de tous, mais qu’importe. La ville assume ses choix. « Les habitants nous ont demandé de façonner un cœur de ville apaisé. C’est ce à quoi nous travaillons. Mais on ne remettra pas plus de voitures en ville », tranche l’élu du quartier centre Didier Le Bougeant.