Rennes avait obtenu le label French Tech le 12 novembre 2014.
Rennes avait obtenu le label French Tech le 12 novembre 2014. — C. Allain / APEI / 20 Minutess

EMPLOI

En six ans, la French Tech a-t-elle fait de Rennes la capitale du numérique ?

Camille Allain

Le Poool, structure née de la fusion de la technopole Rennes Atalante et de la « French Tech » a nommé Gwenaëlle Quénaon-Hervé au poste de présidente, ce mercredi

  • Le Poool se donne pour mission d’attirer les talents et d’aider les porteurs de projets à faire connaître leurs innovations.
  • Obtenu il y a six ans, le label French Tech a visiblement permis à Rennes de développer son secteur numérique. Environ 10.000 emplois auraient été créés en dix ans dans ce secteur.

C’était il y a un peu moins de six ans. Rennes obtenait son label « French Tech » et se rêvait en capitale française du numérique. Depuis, le temps a passé, l’appellation a changé et Rennes a vu naître Le Poool, bébé issu de la fusion de la technopole Rennes Atalante et de sa structure « French Tech ». Confortablement installés dans les anciens locaux de France Télécom à la Mabilais, les 25 salariés du Poool tentent de faire émerger les projets d’innovation dans le département d’Ille-et-Vilaine. Objectif ? Créer de l’activité et donc des emplois. Pour y parvenir, le Poool a récemment renouvelé ses équipes. Arrivé il y a moins d’un an, le directeur Daniel Gergès est accompagné depuis mercredi de Gwenaëlle Quenaon-Hervé, nommée présidente de la structure devant une assemblée générale virtuelle réunissant 300 personnes.

Cofondatrice de la société Régionsjob (aujourd’hui appelée HelloWork), la Rennaise va tenter de mettre son expérience d’entrepreneuse au service des porteurs de projets. « Pour moi, l’innovation fait l’attractivité économique d’un territoire », estime la nouvelle présidente. L’objectif de base était là. En 2014, l’obtention du label French Tech devait permettre à Rennes d’attirer des talents. « Je veux que les gens rêvent de venir à Rennes et à Saint-Malo », martelait l’ancien patron Stanislas Hintzy. Depuis, les équipes ont grossi, les événements autour du digital se sont multipliés mais la structure a-t-elle aidé à créer des emplois ?

Si les résultats de ce travail sont difficiles à évaluer, on peut s’appuyer sur l’étude menée en 2019 par l’Audiar, agence d’urbanisme et de développement de l’agglomération rennaise qui avait évalué à 1.000 le nombre d’emplois créés chaque année dans le secteur du numérique. « Ce qui se fait au Poool est bien plus large que ce que l’on peut voir dans les autres capitales French Tech », assure le directeur Daniel Gergès. Le numérique offrait environ 30.000 jobs dans la métropole rennaise selon la même étude, la plaçant au 3e rang national pour la densité d’emplois du secteur.

Gwenaëlle Quenaon-Hervé est la cofondatrice de Régionsjob et désormais présidente du Poool, structure issue de la French Tech Rennes.
Gwenaëlle Quenaon-Hervé est la cofondatrice de Régionsjob et désormais présidente du Poool, structure issue de la French Tech Rennes. - C. Allain / 20 Minutes

Doté d’un budget de 2,8 millions d’euros par an, le Poool se veut être l’interface entre tous les acteurs du secteur du numérique, des gros laboratoires d’Orange au petit créateur de start-up. Un pôle central capable d’accompagner, d’aiguiller et de fédérer pour faire émerger les projets. « J’ai l’impression que beaucoup de choses ont changé depuis l’arrivée de Daniel Gergès. C’est un “serial entrepreneur”, il sait de quoi il parle », assure Anthony Chesnais, l’un des pionniers de la cantine numérique rennaise fondée en 2010. Pour lui, la capitale bretonne reste parmi les plus attractives, notamment grâce à la qualité de ses ingénieurs et de ses pôles de recherches. « Les Nantais nous l’envient », glisse celui qui est devenu community manager.

La crise sanitaire, un coup de pouce pour la province ?

Pour gagner en attractivité, Rennes a pu compter sur deux coups de pouce. L’un était attendu et s’appelle la LGV qui a rapproché Paris et ses centres de décision. L’autre est arrivé soudainement et porte le nom de Covid-19. Les études montrent que le confinement et la crise sanitaire ont donné des envies d’ailleurs à de nombreux Parisiens qui avaient jusqu’ici résisté aux appels de la province. Une réponse inattendue aux difficultés de recrutement de certaines entreprises.

Le défi du Poool semble aujourd’hui celui de l’ouverture vers un public éloigné des réseaux pas toujours ouverts du secteur du digital. « Nous allons lancer un French Tech Tremplin pour proposer un accompagnement fort à ceux qui sont exclus de l’entrepreneuriat », assure le directeur Daniel Gergès. Quant à la nouvelle présidente Gwenaëlle Quénaon-Hervé, elle promet « d’identifier toutes les entreprises qui vont avoir des difficultés » en cette période de crise. Il se dit qu’elles pourraient être nombreuses.