Coronavirus à Rennes : Le syndicat des cafetiers attaque la préfecture sur la fermeture des bars à 23 h

EPIDEMIE La profession estime que le texte comporte des failles juridiques et « ne règle en rien le problème »

Camille Allain

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Illustration d'un bar, ici à Rennes.
Illustration d'un bar, ici à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • La préfète de région Michèle Kirry a pris un arrêté interdisant l’ouverture des bars après 23 h pour tenter de freiner la propagation de l’épidémie de Covid-19.
  • Le syndicat de l’hôtellerie et de la restauration a déposé un référé pour contester « les failles » de ce texte.
  • Certains restaurants seraient en mesure d’ouvrir plus tard alors que certains bars de nuit ont préféré fermer.

« Si je fais une planche apéro avec trois morceaux de saucisson et du fromage, je peux ouvrir plus tard ? Non mais ce n’est pas sérieux ». Ce patron de bar de Rennes ne décolère pas. Sonné par la fermeture anticipée des débits de boissons à 23 h, il a pris le temps d’étudier l’arrêté préfectoral signé à la hâte par la préfète Michèle Kirry pour tenter d’endiguer la propagation de l’épidémie de Covid-19.

Dans la capitale bretonne, comme dans la plupart des métropoles françaises, le virus circule très activement, notamment chez les jeunes. Pour tenter de le maîtriser, la préfète a profité du passage de l’Ille-et-Vilaine en « zone rouge » pour ordonner la fermeture des bars à 23 h. Mais d’après les professionnels, le texte comporterait « des failles » permettant aux établissements proposant de la restauration de fermer plus tard. Le syndicat des cafetiers a donc pris la décision d’attaquer l’État en référé (procédure accélérée).

« On pense que ce texte est mal écrit et qu’il a des failles juridiques »

L’avocate de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie d’Ille-et-Vilaine (Umih35) devrait déposer la requête au tribunal administratif ce vendredi et espère une audience dès ce week-end. « On pense que ce texte est mal écrit et qu’il a des failles juridiques sur la classification. Il n’est pas bordé », estime François de Pena, porte-parole de l’Umih35.

En Ille-et-Vilaine, un restaurant a l’autorisation d’ouvrir jusqu’à 2 h du matin s’il le souhaite. Dans le quartier de la gare de Rennes, ils sont plusieurs à ouvrir tard dans la nuit. Le font-ils depuis l’entrée en vigueur du nouvel arrêté ? Nous l’ignorons. « Mais ce n’est pas équitable. En quoi un bar respecte moins les mesures sanitaires ? », regrette ce patron de café du centre historique.

Pour le syndicat du secteur, il est avant tout « nécessaire de ne pas stigmatiser toute la profession ». « On perd du chiffre d’affaires, certains préfèrent même fermer et on a l’impression que ça ne va rien régler à l’épidémie », estime François de Pena. Pour lui, le patron de bar « est un rempart ». « Ce n’est pas parfait mais on peut rappeler aux gens de mettre leur masque, éviter les alcoolisations massives. Dehors, qui va le faire ? ». L’Umih35 a demandé aux autorités d’intensifier les contrôles afin que les « mauvais élèves » soient sanctionnés.