Rennes : Huit personnes en grève de la faim au centre de rétention pour dénoncer leurs conditions

IMMIGRATION Ces migrants retenus dénoncent des conditions d’hygiène dégradées et un manque de respect du personnel

20 Minutes avec AFP

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Le centre de rétention de Saint-Jacques-de-la-lande, près de Rennes (illustration).
Le centre de rétention de Saint-Jacques-de-la-lande, près de Rennes (illustration). — F.Perry/AFP

Huit personnes retenues au centre de rétention administrative (CRA) de Rennes ont entamé une grève de la faim pour dénoncer un « manque de respect et d’hygiène » ainsi que « l’absence de perspectives d’éloignement », a-t-on appris mercredi auprès de la Cimade.

« Au centre de rétention de Rennes, nous n’avons aucun droit. On s’acharne sur nous. Les policiers nous réveillent tous les matins, sans un bonjour. Ils claquent les portes et allument la lumière. Ils rentrent parfois dans nos chambres, la nuit, pour rien », racontent dans une lettre ces retenus, sous le coup d’une procédure d’éloignement.

« On nous insulte et on nous pousse à bout »

Sur les douze personnes retenues, huit ont entamé une grève de la faim lundi, selon la Cimade qui les accompagne. Les grévistes dénoncent des conditions d’hygiène dégradées, avec la présence « de cafards et de rats », mais aussi l’insuffisance de l’accès à l’eau en période de canicule.

« Ce qui nous choque le plus c’est que nous ne soyons pas respectés. Qu’on nous insulte et qu’on nous pousse à bout. C’est aussi l’abandon que l’on ressent. Une personne a fait une tentative de suicide il y a quelques jours et elle n’a vu aucun médecin », affirment-ils.

L’un d’eux, qui souhaite rester anonyme, a fait également état de « remarques racistes de la part de certains policiers ». « On nous dit des choses comme "Bougnoule, si t’es pas content tu n’as qu’à rester chez toi" ou encore "Vous êtes des chiens" ».

Il déplore aussi l’absence de perspective d’éloignement, beaucoup de pays ayant fermé leurs frontières en raison de la crise du Covid-19. « Il n’y a pas de vols, on nous garde pour rien alors qu’on pourrait être assignés à résidence », dénonce-t-il.

Originaires du Maghreb, du Soudan ou d’Europe de l’est

Selon la préfecture d’Ille-et-Vilaine, « sept personnes refusent les plateaux-repas mais continuent de s’alimenter via des distributeurs ». « Nous ne sommes pas très inquiets sur leur état de santé », ajoute-t-elle. « Nous prenons seulement du café », répond le retenu.

Selon la Cimade, ces personnes sont originaires du Maghreb, du Cameroun, Soudan ou encore d’Albanie et de Géorgie. Certains ont purgé une peine de prison. « Le plus ancien est là depuis le 30 juin mais cet enfermement sans perspective d’éloignement n’a aucun sens et est illégal », a déclaré à l’AFP Alice Lukacs, membre de la Cimade.

En décembre 2019, une personne retenue à Rennes est décédée après avoir fait une tentative de suicide. En janvier, un policier s’est donné la mort dans les locaux du CRA.