Rennes : Deux ans après l’incendie, l’église Sainte-Thérèse n'a toujours pas retrouvé sa flèche

PATRIMOINE Une bataille d’experts est engagée pour connaître l’origine de ce feu accidentel qui a ravagé la flèche de l’édifice religieux

Camille Allain
— 
Image de la flèche de l'église Sainte-Thérèse de Rennes touchée par un incendie dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2018. Lancer le diaporama
Image de la flèche de l'église Sainte-Thérèse de Rennes touchée par un incendie dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2018. — N. Guillou
  • En août 2018, un important incendie avait détruit la flèche de l’église Sainte-Thérèse de Rennes.
  • Deux ans après le sinistre, aucuns travaux n’ont pu être effectués en raison de l’incertitude des expertises menées pour connaître l’origine du feu.
  • Le diocèse, qui veut la reconstruire à l’identique, espère une réponse d’ici la fin de l’année.

Deux ans qu’elle vit sans sa flèche. Dans le quartier Sainte-Thérèse, à Rennes (Ille-et-Vilaine), on grince des dents à l’évocation du chantier colossal de restauration qui attend la cathédrale de Nantes. L’édifice religieux a été sérieusement touché par un incendie volontaire survenu le 18 juillet. Un an et demi plus tôt, c’est l’emblématique cathédrale Notre-Dame-de-Paris qui avait flambé. Les images avaient fait le tour du monde et le président Emmanuel Macron avait promis une reconstruction en cinq ans.

A Rennes, l’incendie de l’église Sainte-Thérèse n’avait pas été suivi par les médias internationaux mais il avait marqué les esprits des habitants. Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2018, la flèche dominant l’édifice avait pris feu, avant de venir s’écraser sur le parvis de l’église. Mais deux ans après le sinistre, rien n’a bougé et les travaux n’ont toujours pas commencé. Explications.

« Je pensais que ça irait plus vite ». Le père Langouët ne cache pas son amertume. Celui qui officie depuis six ans dans les murs de pierre de la charmante église Sainte-Thérèse désespère de voir le chantier de reconstruction commencer. Depuis l’incendie, il attend que les experts se mettent d’accord sur l’origine du sinistre pour connaître le nom du responsable.

Mais qui d’Orange, de SFR ou de ses prestataires devra payer la note ? Après une vingtaine de visites sur place, les spécialistes peinent à se prononcer, ce qui paralyse la reconstruction. « Ils commencent à rendre leurs conclusions. Normalement, nous devions avoir la réponse au printemps mais le Covid est arrivé. On espère avoir une conclusion définitive avant la fin de l’année », explique Régis Boccard, économe du diocèse d’Ille-et-Vilaine.

Le diocèse refuse toutes les antennes relais

Lors de cette nuit d’été, le feu s’était déclaré dans la flèche de l’édifice, là où étaient installées des antennes relais propriétés des deux opérateurs téléphoniques. Un choix fait par l’église dans les années 1990 pour se faire un peu d’argent. « L’expérience nous montre que ces technologies présentent des risques. Elles nécessitent un système de refroidissement, elles ont besoin d’une installation propre », estime Régis Boccard. Depuis dix ans, le diocèse refuse toute nouvelle installation pour éviter que ce genre de drame ne se reproduise. En attendant de voir les assurances financer les travaux quand le « coupable » aura été désigné, l’Eglise a déjà préparé son permis de construire. « La flèche sera reconstruite à l’identique sur le parvis de l’église avant d’être installée à l’aide d’une grue ». Quand ? Personne ne le sait.

Le père Langouët quant à lui continue de célébrer ses messes dans l’église sans tête, bercé par le bruit des cloches électroniques installées l’an dernier. « Le moteur des cloches a grillé et la charpente qui les supporte a été touchée. Faudra-t-il les redescendre pour tout consolider ? Je n’en sais rien. J’attends juste que le chantier avance », soupire le curé. En 2001, l’église avait déjà été durement touchée par un incendie d’origine électrique. La reconstruction avait pris trois ans. Mais elle avait très vite commencé.