Bretagne : « De l’air »… Comment le confinement a changé le marché immobilier

IMMOBILIER L’épidémie de coronavirus a donné des envies de jardin et de terrasses aux acquéreurs

Camille Allain

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Des immeubles récemment livrés ici le long du canal Saint-Martin, à Rennes.
Des immeubles récemment livrés ici le long du canal Saint-Martin, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le marché de l’immobilier s’est vite repris après le déconfinement en Bretagne.
  • Les demandes des acquéreurs sont davantage axées sur « l’espace » et les demandes en jardins et balcons sont plus nombreuses.
  • La Bretagne rurale pourrait-elle attirer de nouveaux habitants ? Il est trop tôt pour le dire, selon les notaires.

Les agences immobilières ont rouvert dans l’inconnu, sans savoir à quelle sauce elles allaient être mangées. Après deux mois de confinement, force est de constater que les clients sont rapidement revenus et que le marché de l’immobilier est bien loin de l’effondrement qu’on lui promettait. En Bretagne, où la maison individuelle est reine, le regain d’activité est net. Si la horde de Parisiens trop longtemps cloîtrés en appartement n’a pas débarqué, les demandes des acquéreurs ont tout de même changé. Ces derniers demandent de plus en plus « de l’air », selon les notaires de la région.

« La Bretagne a des atouts pour la qualité de vie, elle est attractive ». Damien Ruaud semble rassuré. Le président du Conseil régional des notaires de Bretagne craignait sans doute de voir les offices désertés après le confinement. C’est un peu l’inverse qui semble se produire. « Les acquéreurs semblent se décider plus rapidement. On a l’impression que le Covid a été un accélérateur de prise de décision », estime le notaire. Installée à Plerguer, en pleine zone rurale entre Rennes et Saint-Malo, l’agence immobilière Nouvelle Demeure confirme. « On a encore plus de demandes qu’avant. On voit qu’il y a eu un changement de vie. Il y a une très forte demande pour la campagne », assure Camille, qui exerce au sein de cette agence rurale.

« L’espace de vie est devenu le premier critère de choix »

Au sein de son antenne plus urbaine de Saint-Malo, l’agence Nouvelle Demeure a aussi vu les comportements des acquéreurs changer légèrement. « On voit qu’il y a plus de demandes pour des maisons avec jardins, ou au moins des balcons », explique Jillian, qui exerce dans la cité corsaire. « Le marché a bien repris. On a beaucoup de demandes pour des appartements avec balcons ou bien ensoleillés, mais ça a toujours été un critère », tempère Clémence, qui exerce au sein de l’agence Le Pilori, à Saint-Malo. « On a la sensation que l’espace de vie est devenu le premier critère de choix », estime Vincent Lemée, notaire à Rennes. « Les gens demandent à avoir de l’air, c’est devenu presque systématique ».

Les prix de l'immobilier sont restés relativement stables en Bretagne, sauf à Rennes et Nantes.
Les prix de l'immobilier sont restés relativement stables en Bretagne, sauf à Rennes et Nantes. - Notaires de Bretagne

Terre d’accueil de nombreux habitants de Paris, Nantes et Rennes​ pendant le confinement, les petites communes rurales vont-elles voir leur cote grimper ? « Il est trop tôt pour le savoir. Peut-être que la crise va générer de nouvelles pratiques et que des gens viendront s’installer, mais on ne le saura pas avant l’automne », estime le patron des notaires bretons. Le prix du mètre carré n’a ainsi pas vraiment bougé ces derniers mois dans la région. Sauf à Rennes et Nantes, tellement attractives que les prix ont bondi de 10 % dans le neuf comme dans l’ancien. Mais ça, c’était avant le confinement.