VIDEO. Rennes : Cannabis, batte de base-ball et pneus crevés… La police enlève les voitures abandonnées au Blosne

SECURITE Des habitants du quartier ont appelé les forces de l’ordre pour dégager certains véhicules jugés gênants et qui servent de planque pour le trafic de stups

Camille Allain

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Les policiers ont mené une opération d'ampleur le 3 juin 2020 pour enlever des voitures abandonnées sur des parkings du quartier du Blosne.
Les policiers ont mené une opération d'ampleur le 3 juin 2020 pour enlever des voitures abandonnées sur des parkings du quartier du Blosne. — C. Allain / 20 Minutes
  • Une douzaine de voitures abandonnées ont été enlevées mercredi matin dans le quartier du Blosne, à Rennes.
  • L’opération visait à libérer les parkings, mais aussi à éviter les feux de voitures qui touchent souvent les véhicules abandonnés.
  • Ces voitures ventouses servent aussi de planque pour les trafiquants de drogue. Du cannabis, un couteau et une batte de base-ball ont été trouvés mercredi matin.

Jeko a déjà reniflé bon nombre de voitures avant de s’attaquer à un Renault Scénic auquel il manque deux roues. Le chien de la brigade canine de la police de Rennes s’engouffre dans le véhicule abandonné et repère facilement les deux cailloux de shit à peine dissimulés dans le vide-poches d’une portière arrière. Dans ce véhicule, qui n’a visiblement pas roulé depuis des lustres, les policiers découvriront aussi une batte de base-ball, un couteau servant à couper la résine de cannabis et du film étirable, sans doute pas là pour emballer des sandwichs.

Quelques minutes plus tard, le monospace gris sera tracté par une dépanneuse et quittera le quartier du Blosne sur un camion de la fourrière. S’il souhaite le récupérer, le propriétaire devra s’acquitter d’une amende de 35 euros et des 115 euros de frais de fourrière. « Plus six euros par jour d’attente », précise un policier municipal. Au vu du contenu et de l’état du véhicule, pas certain qu’il fasse le déplacement.

Mercredi matin, une douzaine de véhicules ont subi le même sort sur les parkings aériens du Blosne. Dans ce quartier populaire, il arrive fréquemment que des voitures soient abandonnées et restent scotchées au bitume pendant des mois. « Il y en avait deux ou trois ici. Ils les ont enlevées ? C’est une super nouvelle », témoigne un habitant de la place de Monténégro, à deux pas de la station de métro. Sur ce parking, une Golf gît là depuis des semaines. A l’intérieur, on aperçoit un vieil ordinateur, un écran de télé cathodique et des cartons. « Les habitants et les bailleurs sociaux nous demandent régulièrement d’intervenir », explique la commissaire Nathalie Frêche qui pilote l’opération. En France, il est interdit de garer son véhicule plus de sept jours sur la voie publique.

« Souvent les premières à être brûlées »

Si ces voitures sont enlevées, c’est d’abord pour libérer des places de parking. Mais pas seulement. Lors des épisodes de violences urbaines, « les voitures abandonnées sont souvent les premières à être brûlées. Le risque de voir le feu se propager est grand », poursuit la commissaire. A écouter les policiers, on comprend vite que ces voitures ventouses servent aussi régulièrement de planques pour cacher la drogue.

Sous une Renault Mégane poussiéreuse garée place de Banat, le chien Jeko découvre un paquet de cigarettes dans lequel est cachée une tête d’herbe. Prévue de longue date, cette opération avait dû être repoussée en raison du confinement. En quelques heures, une douzaine de voitures ont ainsi été enlevées. « Et nous reviendrons », promettent les policiers.