Bretons

Les Noms de famille Bretons ont été traduits en Français aux 16e et 17e siècles

Histoire Professeur de Breton, Docteur en études celtiques, Albert Deshayes est aussi l’auteur de plusieurs livres sur la langue, la topographie et la toponymie bretonne, dont le formidable Dictionnaire des Noms de famille bretons, paru en 1995. Il publie ce mois-ci, chez Yoran Embanner, Les Prénoms bretons et celtiques...

Magazine Bretons - Didier Le Corre

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Albert Deshayes, Professeur de Breton et Docteur en études celtiques
Albert Deshayes, Professeur de Breton et Docteur en études celtiques — Gwénaël Saliou - Bretons

BRETONS : Vous êtes l’auteur de plusieurs ouvrages sur la langue, les noms de famille et les noms de lieu, mais êtes-vous issu d’une famille bretonnante ?

ALBERT DESHAYES : Mon père l’était, mais ma mère, moins. Je parlais breton avec mon père à la maison. J’ai grandi à Pont-l’Abbé. Et entre gamins, même si on par­lait français entre nous, nos pro­pos étaient truffés de mots et de phrases en breton.

(…)

Quand avez-vous ressenti cette passion pour le breton ?

Par ma belle-famille. Mes beaux-parents parlaient souvent breton entre eux. Ma femme sa­vait le breton aussi et elle m’a dit : “Tu devrais t’y mettre”. Puis est sortie la méthode de breton de Fañch Morvannou. J’ai appris à écrire le breton comme ça. Ma femme est capable de le parler mais pas de le lire, parce qu’elle ne sait pas comment faire pour mettre l’accent. Tout le problème est là. Donc, je l’ai appris tout seul.

(…)

“CERTAINS PRÊTRES IRONT MÊME JUSQU’À TRADUIRE LE NOM LUI-MÊME, SURTOUT CEUX QUI ONT DES QUALIFICATIFS. LES “LE JEUNE” ACTUELS SONT D’ANCIENS YAOUANCQ.”

Vous voulez dire que le fils de Morvan ar Bihan, le petit Morvan, ne s’appelait pas “ar Bihan”…

C’est ça. Ce qu’il faut comprendre, c’est que les noms ne se trans­mettaient pas. Il a donc fallu at­tendre l’arrivée du roi François 1er – de France, car nous avons, nous aussi, eu un François 1er – pour que le nom se perpétue. C’est François 1er qui a décidé que le père transmettrait désormais son surnom à ses enfants. Et c’est à ce moment-là que se sont fixés les noms de famille. Mais dans les registres paroissiaux du 17e siècle, on trouve encore la trace des sur­noms. On peut lire qu’untel a été baptisé du nom de, avec ensuite la mention du surnom. En breton, pour le prénom, on dit toujours anv-bihan, le petit nom.

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Retrouvez l'intégralité de cet entretien ainsi qu'un point sur l'affaire du petit Fañch et le combat des Le Goarnig dans le magazine Bretons n°163 d'avril 2020.

Magazine Bretons n°163 - Avril 2020

Cet article est réalisé par le magazine Bretons et hébergé par 20 Minutes.