Coronavirus à Rennes : Sa production de spiritueux à l’arrêt, il se mobilise pour fabriquer du gel hydroalcoolique

SOLIDARITE Gérant de la distillerie Awen Nature, Julien Fanny offre sa production maison à des associations et des Ehpads

Jérôme Gicquel

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Un distillateur breton se met à fabriquer du gel hydroalcoolique — 20 Minutes

Ses gins, rhums arrangés et autres absinthes font d’ordinaire le bonheur des amateurs de spiritueux. Mais depuis dix jours et la fermeture des bars et des restaurants, sa production est totalement à l’arrêt. Dans cette situation de crise, Julien Fanny aurait pu se morfondre et « faire comme si de rien n’était ». Mais face au risque de pénurie de gel hydroalcoolique, le gérant de la distillerie Awen Nature, implantée à la Bouëxière près de Rennes, s’est donc lancé, comme certains de ses confrères, dans la production de sa propre solution.

Sa façon à lui de participer à l’effort de guerre. Car de l’alcool pur à 96 %, il n’en manque pas. Reprenant la recette partagée par l’Organisation mondiale de la santé, Julien Fanny a donc réorienté sa production depuis quelques jours. « C’est de loin la recette la plus simple que j’ai faite, c’est juste un assemblage et il n’y a rien à chauffer », assure-t-il.

Il donne ses bidons à des associations et des maisons de retraite

Pour fabriquer le précieux liquide, Julien Fanny pioche donc dans son stock d’alcool pur, auquel il ajoute un mélange de glycérine et d’eau oxygéné, avant de compléter le tout avec de l’eau distillée. « Il faut ensuite reposer 72 heures avant que la solution hydroalcoolique soit prête à utilisation », précise l’artisan distillateur.

Artisan distillateur près de Rennes, Julien Fanny s'est lancé depuis quelques jours dans la fabrication de gel hydroalcoolique.
Artisan distillateur près de Rennes, Julien Fanny s'est lancé depuis quelques jours dans la fabrication de gel hydroalcoolique. - J. Gicquel / 20 Minutes

Alors que le marché noir se développe autour des masques de protection et des solutions hydroalcooliques, Julien Fanny est bien loin de ce business malsain. Bien au contraire, il offre même ses bidons de cinq, dix et vingt litres à des associations locales venant en aide à des personnes démunies, à des maisons de retraite ainsi qu’à des commerçants des environs. « Et si je les vends en plus grande quantité, c’est à prix coûtant », indique le gérant d’Awen Nature.

Un appel aux dons pour récupérer de la glycérine

Pour continuer à produire, Julien Fanny a lancé un appel aux dons sur Facebook pour récupérer de la glycérine et de l’eau oxygénée qui viennent à manquer dans son laboratoire. « On retrouve de la glycérine dans les liquides pour cigarettes électroniques notamment, précise-t-il. C’est aussi largement utilisé dans la cosmétique et l’industrie agroalimentaire ».

Sans vouloir tomber dans la psychose, l’artisan redoute en revanche une pénurie d’alcool qui aurait des conséquences terribles. « Ce serait l’hécatombe, plus personne n’aurait moyen de se protéger », indique-t-il, préférant ne pas imaginer un tel scénario.