Rennes : Des portillons et de nouveaux tickets pour le métro dès le 1er juillet

INFO «20 MINUTES» L’incertitude plane quant au résultat des élections municipales mais l’accès libre à la ligne A ne sera plus possible cet été

Camille Allain

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Keolis va effectuer davantage de prévention par le biais de ses agents du Star pour inviter les usagers à la prudence dans le métro.
Keolis va effectuer davantage de prévention par le biais de ses agents du Star pour inviter les usagers à la prudence dans le métro. — C. Allain / 20 Minutes
  • Votée en 2015, l’arrivée de portillons fermant les accès à la ligne A du métro sera effective dès cet été à Rennes.
  • La mesure vise à réduire la fraude. D’après Keolis, un voyageur sur dix circulerait sans titre de transport actuellement.
  • L’arrivée des portillons se fera en même temps que le changement de billettique qui actera la disparition du ticket papier.

Ceux qui découvrent Rennes n’y croient pas. Depuis sa mise en service en 2002, la ligne A du métro de Rennes est restée grande ouverte, s’appuyant sur la bonne foi des voyageurs pour composter leur ticket. Plus pour longtemps. Votée par le conseil de Rennes Métropole en 2015, l’installation de portillons fermant l’accès aux quais devrait être finalisée cet été, un peu moins de six mois avant la mise en service de la ligne B prévue le 21 décembre. D’après les informations de 20 Minutes, ils entreront en service au 1er juillet, simultanément à la mise en place de la nouvelle billettique du Star, qui actera la disparition du traditionnel ticket papier.

Si la décision a été confirmée lors d’un récent comité social et économique chez Keolis (CSE), elle n’a pas fait l’objet d’une grande publicité. Et pour cause. A moins de deux semaines du premier tour des élections municipales, l’installation de portillons continue de diviser. Votée par la majorité socialiste et l’opposition de droite et du centre, la mesure destinée à lutter contre la fraude avait été très critiquée par les écologistes. Leur candidat Matthieu Theurier a clairement fait savoir qu’il souhaitait « supprimer l’usage des portillons ». La tête de liste de la France insoumise Enora Le Pape, qui plaide pour la gratuité des transports, est du même avis : « C’est une aberration ».

Le traditionnel ticket de métro va disparaître à Rennes, où il sera remplacé par une carte à puce.
Le traditionnel ticket de métro va disparaître à Rennes, où il sera remplacé par une carte à puce. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Si la mise en service est bien programmée au 1er juillet, la question devra être validée par le futur conseil de Rennes Métropole, dont la composition et la gouvernance dépendront du résultat des élections municipales. En attendant, les portillons ont déjà été livrés et sont prêts à être installés. « Pourquoi ne pas les mettre en service dès maintenant ? On voit que c’est un sujet qui dérange », glisse Charles Compagnon, tête de liste de la droite et du centre. Les travaux préalables à l’installation ont été réalisés dans la plupart des stations et la métropole confirme la mise en service « sur l’ensemble du réseau Star à partir de l’été 2020 ».

Dernière ville française avec un métro ouvert

Evalué à sept millions et demi d’euros, l’investissement vise à faire diminuer la fraude dans le métro rennais. Un taux établi à un peu moins de 10 % depuis quelques années mais que le renforcement des contrôles n’a pas permis de faire baisser. L’objectif de 7 % fixé par la métropole à Keolis n’aura jamais été atteint et l’exploitant mise beaucoup sur l’arrivée des portillons pour y parvenir. D’après la métropole, l’investissement devrait être amorti en cinq ans et permettre d’économiser 15 millions d’euros en quinze ans. Après Lille, qui s'est y est récemment mise, Rennes semble être la dernière ville française avec un métro ouvert.

L’installation des portillons devrait être calée sur la mise en service de la nouvelle billettique et l’arrivée de cartes magnétiques réutilisables au lieu du ticket papier. « Une opportunité financière et environnementale », arguait à l’époque la métropole, qui édite plus de 13 millions de tickets par an. Des chauffeurs de bus ont déjà été formés à cette nouvelle technologie et s’inquiètent du temps que la manipulation pourra leur prendre. « Il y aura un temps d’adaptation pour les conducteurs comme pour les usagers », prédit un chauffeur de Keolis.