Municipales 2020 à Rennes : Bassins mobiles, construction, rénovation… Les propositions des candidats pour améliorer la situation dans les piscines

PROGRAMMES (5/7) « 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Rennes. Aujourd'hui, les infrastructures sportives avec un focus particulier sur les piscines

Camille Allain

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Illustration de la piscine Saint-Georges, à Rennes.
Illustration de la piscine Saint-Georges, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Les piscines débordent de nageurs depuis plusieurs années et la municipalité a du mal à faire face à toutes les demandes des clubs, des amateurs et des scolaires.
  • Plusieurs candidats aux municipales proposent la construction d’un cinquième bassin à Rennes, d’autres optent pour d’importantes rénovations de l’existant.
  • Seule la candidate Carole Gandon détonne en proposant des piscines itinérantes pour les scolaires, moins coûteuses.

Les piscines débordent. A Rennes, comme dans la plupart des métropoles françaises, la pratique de la nage s’est largement intensifiée ces dernières années. Très sollicitées par les clubs, les pratiquants libres et les établissements scolaires, les piscines peinent à répondre à la demande croissante. Très coûteux à la fabrication et à l’entretien, ces bassins sont au cœur de la thématique des infrastructures sportives abordée ce lundi par 20 Minutes. Dans la capitale bretonne, tous les candidats aux élections municipales y vont de leur proposition pour tenter de diminuer les embouteillages dans les lignes d’eau. Et toutes les nages ne sont pas synchronisées.

Rennes possède pour l’heure quatre piscines : celle des Gayeulles, entièrement reconstruite en 2009, celle de Villejean, la plus vétuste, celle de Bréquigny, piscine olympique récemment dotée d’un bassin nordique, et celle de Saint-Georges, bijou architectural classé aux monuments historiques. En faut-il une cinquième ? Plusieurs candidats pensent que oui. Le leader écologiste Matthieu Theurier estime que Rennes « manque d’équipements » et plaide pour un nouveau bassin « sur le territoire de la métropole » associé à une rénovation de la piscine de Villejean et au développement d’un schéma métropolitain.

Revoir les horaires d’ouverture

Le constat est le même pour Enora Le Pape et la France Insoumise qui promettent de « lancer une concertation à l’échelle métropolitaine pour étudier la pertinence de la construction d’une cinquième piscine dans le sud-est de la ville » et souhaitent revoir les horaires d’ouverture de tous les bassins. Le candidat de la droite et du centre Charles Compagnon propose lui aussi de construire une nouvelle piscine à l’est justifiée par « l’augmentation du nombre d’habitants notamment plaine de Baud qui va créer une nouvelle tension sur les piscines existantes et déjà saturées ».

Des investissements très coûteux

Plusieurs candidats ne s’avancent pas sur la création d’un nouveau bassin, dont le coût de construction est conséquent. Il faut compter environ 15 millions d’euros pour un bassin simple et 25 millions pour un centre aquatique. En 2018, la cour des comptes avait d’ailleurs épinglé les coûts pour les collectivités.

La maire sortante Nathalie Appéré propose pour sa part de transformer celui situé en face de l’université Rennes 2 « en bassin aqualudique », ce qui coûtera plus de dix millions d’euros. La candidate socialiste propose aussi de rénover les piscines Bréquigny et Saint-Georges. Lors du précédent mandat, elle avait promis la construction d’un nouvel équipement. Installé à l’extérieur de la piscine Bréquigny, le bassin nordique offre dix lignes d’eau. Il aura coûté six millions d’euros. Le candidat du Rassemblement national Emeric Salmon souhaite également rénover les bassins de Saint-Georges et de Bréquigny. Il est par ailleurs le seul à se prononcer sur l’interdiction du burkini, ce maillot de bain intégral autorisé dans les bassins municipaux de Rennes.

Au milieu de ces propositions, celle de la candidate de La République en marche détonne. « En toute responsabilité budgétaire », Carole Gandon n’envisage pas la construction d’une nouvelle piscine « aux coûts de fonctionnement et d’investissement tout à fait conséquents ». La tête de la liste « Révéler Rennes » propose d’installer des « piscines itinérantes » qui seraient posées près des écoles et « dédiées à l’apprentissage de la natation ». En été, ces bassins seraient installés en extérieur. En hiver, ils seraient rapatriés dans des gymnases, qui deviendraient en revanche indisponibles pour les autres pratiques à cette période. Le principal avantage est son coût : « Environ 400.000 euros de location par bassin sur la durée de mandat », selon l’équipe de Carole Gandon.

Et en dehors de l’eau ?

Au-delà des piscines, l’ensemble des candidats s’accorde sur un point : valoriser l’existant. Toutes les listes promettent de rénover massivement les gymnases de la ville. Un sujet divise largement : la construction d’un grand équipement culturel et sportif. Charles Compagnon propose un « palais des Sports afin d’accueillir de grands événements sportifs internationaux ». Alors que les écologistes refusent « la construction d’un Zénith coûteux », qu’ils estiment à 70 millions d’euros. Ce projet évoqué par le président de la métropole Emmanuel Couet pourrait s’implanter au Parc Expo. Nathalie Appéré le soutient mais y voit un équipement culturel « en remplacement du Musik’Hall ».