« J’ai toujours eu 4 ans et demi »... Qui se cache derrière les voix enfantines de Oui Oui et de Dragon Ball Z ?

TELEVISION La comédienne Brigitte Lecordier est connue pour ses nombreux doublages. Elle sera l’une des invitées du salon Geek Days ce week-end à Rennes

Propos recueillis par Camille Allain

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La comédienne Brigitte Lecordier prête sa voix aux personnages de Dragon Ball Z comme Son Goku et Son Gohan.
La comédienne Brigitte Lecordier prête sa voix aux personnages de Dragon Ball Z comme Son Goku et Son Gohan. — Geek Days
  • Elle est plus connue pour sa voix. Spécialisée dans le doublage, Brigitte Lecordier a prêté sa voix à Oui-Oui, Son Goku et bien d’autres dessins animés.
  • A 58 ans, elle possède une importante communauté de fans en France et ailleurs. A peine ouverte, sa chaîne YouTube cartonne.
  • Brigitte Lecordier sera l’une des invitées du salon Geek Days qui se tient ce week-end à Rennes.

Elle est devenue youtubeuse à l’aube de ses soixante ans et elle cartonne sur le Web. Méconnue du grand public, Brigitte Lecordier a pourtant bercé des générations entières avec sa voix. Vous avez sans doute déjà entendu le timbre enfantin de cette comédienne connue pour prêter sa voix à Oui Oui, à Nicolas dans Bonne nuit les petits mais surtout à Son Goku, Son Gohan, Son Goten et Trunks dans la mythique série Dragon Ball Z. Trente ans après ses débuts dans le dessin animé japonais, la comédienne installée en région parisienne continue de faire rêver. Ce week-end, elle sera l’une des stars du salon Geek Days, qui se tient samedi et dimanche à Rennes. Rencontre.

Illustration d'une image de Son Goku, personnage du dessin animé culte Dragon Ball Z, ici à Barcelone en 2019.
Illustration d'une image de Son Goku, personnage du dessin animé culte Dragon Ball Z, ici à Barcelone en 2019. - Paco Freire / SIPA

Vous avez toujours une grosse cote de popularité, trente ans après vos débuts dans le doublage. Cela vous surprend ?

Cela fait un moment que ça dure donc je commence à m’y faire. Cela fait une quinzaine d’années que je suis régulièrement invitée sur des salons, il y a un vrai engouement. Ce que je constate c’est que mes fans grandissent avec moi. C’est un truc de fou de remplir des salles de gens curieux de votre métier. Je me demande toujours ce que les gens veulent de moi. Je n’imaginais absolument pas ça quand j’ai commencé les doublages dans les années 1980.

D’autant que vous êtes tombée dedans un peu par hasard ?

Oui. J’avais une vingtaine d’années et je jouais au théâtre. Comme j’étais petite, on me donnait souvent des rôles d’enfants ou de petits personnages rigolos. J’avais pris l’habitude de modifier ma voix pour mieux coller au personnage. Un jour, je jouais Louison dans Le Malade Imaginaire. Dans la salle, il y avait des gens qui cherchaient une voix pour interpréter un enfant dans une publicité pour Amnesty International. Je me suis rendue au studio peu de temps après et ça a bien marché. Ensuite, on m’a appelée pour faire de plus en plus de projets et je n’ai jamais arrêté depuis. Je vais être honnête, je ne me doutais pas que ça allait durer dans le temps. Je n’imaginais pas que ces personnages allaient devenir cultes !

Est-ce difficile d’interpréter des voix d’enfants quand on a plus de 50 ans ?

Non car ma voix n’a pas changé. Et dans ma tête, j’ai toujours 4 ans et demi. Et Oui Oui, il a la même voix depuis 1985. En revanche, c’est un métier épuisant. Il faut beaucoup d’énergie pour faire du doublage et encore plus dans le manga. Quand on fait les voix, on n’a pas le temps de savoir qui est le personnage, ce qu’il a vécu. On passe d’un plan où l’on rigole à un autre où il faut pleurer. Par contre, il faut savoir décrocher, déposer les armes, ne pas trop s’identifier aux personnages, sinon on devient fou.

Vous avez prêté votre voix à de nombreux personnages de dessins animés. Vous avez bien des petits préférés ?

Je ne peux pas ne pas parler de Son Goku (Dragon Ball Z) car il m’a apporté 30 ans de bonheur. Il n’y a pas une semaine où on ne m’en parle pas. Mais en ce moment je m’éclate avec mes derniers personnages. Je travaille sur la saison 3 de Petite Mort. J’adore le personnage. Et je m’amuse beaucoup avec Peepoodo (un dessin animé pour adultes).

Vous avez décidé d’ouvrir votre chaîne Youtube en octobre. Avec près de 300.000 abonnés, on peut dire que ça cartonne ?

Cela faisait un moment que j’y pensais mais je n’avais pas osé. YouTube me permet d’être libre. Je reçois beaucoup de questions sur le métier. Ça me permet d’en parler, de me faire plaisir. J’ai aussi pu y partager la série « Allô c’est Ninou ». Ce sont des canulars téléphoniques qui avaient été diffusés sur Canal+ mais pas pour le bon public. J’ai racheté les droits pour les diffuser et ça marche très bien.