Rennes: Pourquoi l’aéroport a connu un trou d’air l’an dernier

TRANSPORTS L’équipement a vu transiter 852.000 passagers en 2019, un chiffre en recul de 0,6 % sur un an

Jérôme Gicquel

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Un Airbus A320 de la compagnie aérienne EasyJet ici sur le tarmac de l'aéroport de Rennes, le 26 mars 2018.
Un Airbus A320 de la compagnie aérienne EasyJet ici sur le tarmac de l'aéroport de Rennes, le 26 mars 2018. — C. Allain / 20 Minutes
  • Après plusieurs années de croissance à deux chiffres, l’aéroport de Rennes a vu son trafic reculer l’an dernier.
  • Le directeur de l’aéroport explique ce trou d’air par le contexte général peu favorable au transport aérien et à la décision d’Air France de réduire drastiquement son offre sur le réseau intérieur.
  • Le président de l’Adarb pointe quant à lui « le manque total d’anticipation » des deux actionnaires.

Après une belle envolée marquée par plusieurs années de croissance à deux chiffres, l’aéroport de Rennes a marqué le pas en 2019. Avec 852.000 passagers transportés l’an dernier, il a vu son trafic reculer de 0,6 % sur un an. Directeur de l’aéroport, Gilles Tellier ne s’inquiète pas outre mesure de ce trou d’air enregistré. Il s’agit pour lui d’un « phénomène de turbulences » qui s’explique en partie par les difficultés d’Air France et de sa filiale Hop ! qui a décidé de réduire drastiquement son offre sur le réseau intérieur.

A Rennes, cela s’est traduit l’an dernier par la suppression des liaisons vers Bruxelles et Strasbourg, et la réduction de la fréquence des vols vers Marseille. « Il y a aussi un contexte global de frilosité dans le secteur avec une période de "bashing" auquel l’aérien doit faire face », poursuit Gilles Tellier.

« Un manque total d’anticipation » de la part des deux actionnaires

Président de l’association pour le développement de l’aéroport de Rennes-Bretagne (Adarb), Hervé Cavalan a beaucoup plus de mal à digérer cette baisse du trafic. « Ce coup d’arrêt est assez scandaleux car l’objectif du million de passagers était facilement atteignable dès cette année », s’emporte-t-il.

Il dénonce « le manque total d’anticipation » de Vinci et de la chambre de commerce et d’industrie, les deux actionnaires de l’aéroport, qui n’ont « pas su diversifier l’offre de compagnies ». Gilles Tellier s’en défend, indiquant que l’aéroport offre un panel de compagnies « plutôt flatteur » avec la présence de Vueling, Volotea ou bien encore d’EasyJet.

Décollage pour Francfort avec la Lufthansa au printemps

Arrivée au printemps 2018, la compagnie low cost britannique monte d’ailleurs en puissance à Rennes avec déjà des liaisons vers Lyon, Genève et Nice et un décollage prévu pour Toulouse à partir du 31 mars. A cette date, l’aéroport rennais accueillera également la compagnie Lufthansa qui opérera trois liaisons par semaine vers Francfort, le quatrième plus grand aéroport européen avec ses 70,5 millions de passagers.

Gilles Tellier veut y voir « un tournant majeur dans le développement de l’aéroport » et le signe qu’il reste « attractif » pour les compagnies aériennes. « Mais il reste sous-exploité alors qu’il a un potentiel de développement incroyable », lui répond Hervé Cavalan, rejetant la faute sur les deux actionnaires « qui ont sacrifié l’investissement au profit de la rémunération des actionnaires ».