Maltraitance animale : Pourquoi l’association L214 s’en prend au groupe Le Duff

ANIMAUX Des militants ont manifesté devant la Brioche Dorée mardi midi à Rennes pour demander des engagements sur l’élevage des poulets

Camille Allain

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Des militants de l'association L214 manifestent devant une enseigne La Brioche Dorée, propriété du groupe Le Duff. Le 21 janvier 2020, à Rennes.
Des militants de l'association L214 manifestent devant une enseigne La Brioche Dorée, propriété du groupe Le Duff. Le 21 janvier 2020, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • L’association L214 a manifesté mardi midi devant une enseigne La Brioche Dorée, à Rennes, où est installé le siège du groupe Le Duff.
  • Les militants souhaitaient alerter les consommateurs sur les conditions d’élevage des poulets de chair du géant de l’agroalimentaire.
  • La pression a payé puisque le groupe s’est engagé à respecter un document référence en Europe. Mais sans évoquer le passage en plein air des animaux.

Quelques affiches montrant l’intérieur d’un élevage intensif de poulets. Et trois mots. « Enfermés. Stop cruauté ». Mardi midi, une quinzaine de militants de l’association L214 a défié l’empire Le Duff. En se postant devant l’enseigne la Brioche Dorée située à deux pas de la place de la République, à Rennes, l’association voulait alerter les passants sur le sort des poulets d’élevage utilisés par le mastodonte de la boulangerie industrielle. Et ainsi faire pression sur le groupe agroalimentaire, dont le siège est installé à Rennes mais qui emploie 35.000 personnes à travers le monde et affiche un chiffre d’affaires à plus de deux milliards d’euros.

Selon L214, le groupe Le Duff ne respectait pas les recommandations du European Chicken Commitment, un document d’engagement réalisé par de très nombreuses associations européennes de défense du bien-être animal. « Nous échangeons avec le groupe Le Duff depuis 2018 mais il n’avait pas souhaité suivre nos recommandations », résume Léo Le Ster, chargé des campagnes à L214. Mais vendredi, dans la foulée de l’annonce des actions à venir de l’association, Le Duff s’est réveillé et a adressé un communiqué. « Le groupe s’engage à répondre aux critères déterminés par l’European Chicken Commitment. Les enseignes de restauration françaises ont rejoint l’initiative dès 2019, et c’est désormais Kamps, l’enseigne allemande, qui vient compléter l’engagement du groupe », précise l’empire de l’agroalimentaire.

Une initiative saluée par L214 mais jugée insuffisante. « Nous leur demandions aussi que 20 % de leurs approvisionnements en poulets de chair soient issus d’élevages ayant un accès au plein air. C’est un élément fondamental du bien-être animal. Vingt pour cent, ce n’est pas insurmontable ! Mais ils n’ont pas suivi », regrette Léo Le Ster, qui précise : « On ne veut pas stigmatiser les gérants de telle ou telle boutique, ni les clients, mais informer les consommateurs. C’est une demande sociétale ». L’association s’appuie sur un sondage réalisé par l’Ifop en 2018 qui révélait que 93 % des Français étaient opposés à l’enfermement à vie de poulets.

Faire pression sur les géants de l’agroalimentaire

En faisant pression sur les géants de l’agroalimentaire, l’association espère changer progressivement les pratiques d’élevage. Si la Brioche Dorée, Bridor, Del Arte ou le Fournil de Pierre imposent à leurs fournisseurs d’avoir du poulet élevé en plein air dans leurs sandwichs ou leurs pizzas, les élevages seront bien obligés de suivre. Contacté, le groupe Le Duff n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Récemment, L214 a convaincu le groupe Intermarché et les restaurants Courtepaille de s’y plier. D’autres comme Carrefour, McDonald’s ou Buffalo Grill s’y refusent. « C’est un secteur très concurrentiel qui s’observe et se suit. On encourage tout le monde à aller dans le bon sens », estime le porte-parole de L214.