Rennes : Le prix de l’immobilier s’envole, les politiques doivent s’en mêler

IMMOBILIER La capitale bretonne a gagné trois places au classement des villes les plus chères de France

Camille Allain

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Le quartier de Baud-Chardonnet, à Rennes, accueille d'importants programmes immobiliers.
Le quartier de Baud-Chardonnet, à Rennes, accueille d'importants programmes immobiliers. — C. Allain / 20 Minutes
  • Hors région parisienne, Rennes se place sixième des villes où l’immobilier est le plus cher dans l’ancien et gagne trois places au classement.
  • Les prix grimpent en raison notamment de l’attractivité du territoire et de la raréfaction de l’offre.
  • Pour limiter la spéculation, la municipalité incite à la construction et tente d’encadrer les prix à la revente, quand elle le peut.

Rennes a la cote. Tellement la cote que la capitale bretonne a gagné trois places au classement des villes de province les plus chères de France sur le plan immobilier. D’après les notaires, Rennes se placerait sixième avec un prix moyen à 2.740 euros du mètre carré dans l’ancien. Derrière Nantes mais devant Toulouse, Strasbourg et Montpellier. Une bonne nouvelle pour les promoteurs, moins pour les acheteurs. « Il y a eu un tel volume de ventes ces dernières années que les stocks sont vides. Les ventes sont rares, les biens partent vite et sont donc un peu plus chers », explique Matar Charpentier, notaire à Rennes.

Très demandée, la capitale bretonne est portée par le succès de la LGV mais aussi par son attractivité et son taux de chômage faible. L’arrivée prochaine de la seconde ligne de métro fait également grimper les prix dans des quartiers moins clinquants comme Cleunay ou Maurepas. « La montée est sereine, il n’y a pas de surchauffe », promet le notaire. N’empêche, certains secteurs voient le prix du mètre carré grimper de 10 % dans le neuf comme dans l’ancien. « Les biens sont chers parce que le foncier est cher », résume Matar Charpentier.

La situation est pire dans le centre-ville où une clientèle aisée fait parfois grimper les enchères en achetant à prix d’or de grands appartements aux derniers étages de résidences de standing. Inévitablement, c’est tout l’immeuble qui voit sa cote grimper, porté, aussi par une nette hausse des coûts de construction.

« Si on laisse faire le marché, les prix grimpent »

Pour tenter de maîtriser cette inflation, les politiques tentent d’imposer leurs règles. D’abord en encourageant la construction afin que l’offre soit à la hauteur de la demande. « Notre objectif reste de construire 1.500 logements par an. Si on laisse faire le marché, les prix grimpent. C’est une réponse à celles et ceux qui nous disent d’arrêter de construire. Si on le fait, on exclut les plus modestes », assure la maire Nathalie Appéré. D’après l’Insee, 90.000 nouveaux habitants sont attendus d’ici 2035 dans la métropole, ce qui nécessitera de bâtir 65.000 logements.

En imposant 25 % de locatif social (HLM), 15 % d’accession sociale et 20 % de foncier solidaire, la ville de Rennes ne laisse plus que 40 % des programmes en accession libre. « C’est là que les prix augmentent », précise la maire.

Limiter la spéculation dans le logement social

L’an dernier, la municipalité a créé un organisme de foncier solidaire. Avec ce dispositif, c’est la puissance publique qui achète le terrain, les acquéreurs ne possédant que les murs. Les logements mis en vente sont ainsi proposés avec un prix d’achat du m2 limité à 2.800 euros, soit 40 % moins cher que le prix du marché. Surtout, les propriétaires ne peuvent spéculer et le logement garde sa vocation sociale. La précédente politique d’accession sociale aidée avait bien fonctionné. Mais les élus n’avaient pas anticipé que les propriétaires s’offriraient de belles plus-values à la revente.

Le nouveau plan local de l’urbanisme intercommunal qui entrera en application en février imposera également de nouvelles contraintes. Un coefficient de végétalisation sera déterminé afin de verdir au maximum les espaces bâtis. Un effort autour de la gestion de l’eau sera également demandé aux promoteurs. « Ce sera plus contraignant pour eux d’obtenir les permis de construire. Mais c’est le prix de l’harmonisation de l’urbanisme », estime le notaire Matar Charpentier.