Rennes: Viens chez moi, j’habite sur une péniche

SUR L'EAU La ville souhaite héberger davantage de bateaux, notamment pour y accueillir des commerces

Camille Allain

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Des péniches sont amarrées le long du quai Saint-Cyr à Rennes. Lancer le diaporama
Des péniches sont amarrées le long du quai Saint-Cyr à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • La ville de Rennes a voté en faveur d’une charte encadrant le stationnement des bateaux.
  • La municipalité souhaite voir des commerces ouvrir sur des péniches et même élargir les emplacements pour les personnes souhaitant y vivre.
  • L’occasion aussi de réglementer la pratique, notamment concernant les rejets dans la Vilaine ou le canal.

« Quand j’habitais en appartement, j’ai toujours souffert du bruit de la rue ou de l’immeuble. Ici, c’est calme. Le cadre de vie est incomparable ». Assis dans son canapé à fleur d’eau, Olivier est l’heureux locataire d’une péniche. Amarrée au canal Saint-Martin à Rennes, l’Atlantic Vianen lui offre 30m² habitables, une incroyable terrasse et un mode de vie atypique. « C’est très différent d’une maison car on peut partir en week-end avec. Ça se rapproche plus d’une caravane, la légende en plus ».

Olivier vit depuis une dizaine d’années sur les eaux troubles du canal Saint-Martin. Un havre de paix à deux pas du centre-ville qu’il partage avec une dizaine de péniches. Et peut-être bientôt d’autres. Lundi soir, le conseil municipal a voté en faveur d’une charte encadrant le stationnement des bateaux à Rennes. « Nous souhaitons assurer la pérennité des occupations. Aujourd’hui, c’est un peu un no man’s land, chacun a fait son installation », explique la maire Nathalie Appéré.

Dès le printemps, plusieurs péniches s’installeront le long du quai Saint-Cast et accueilleront des commerces. « Nous croulons sous les demandes. Mais nous voulons étudier les candidats et leur rappeler que l’investissement est lourd à porter », prévient Sébastien Sémeril, premier adjoint délégué à l’urbanisme. Une crêperie, un bar, un bistrot, une boucherie et une activité de spectacle pourraient ainsi s’installer à côté du Salon Mouch’, coiffeur installé depuis cinq ans sur une péniche. « Les gens viennent ici pour un moment de plaisir. C’est calme, on est comme dans une bulle », témoigne Anaïs Melaye.

Des nouvelles règles environnementales

La gérante est la seule commerçante à exercer sur une péniche à Rennes. « J’ai toujours voulu m’offrir un salon sur l’eau mais ça a été tellement compliqué ! Il fallait vraiment être acharnée pour aller jusqu’au bout ». La coiffeuse évoque notamment le raccordement à l’électricité, à l’eau mais aussi à l’assainissement collectif. Elle est l’une des seules à ne pas rejeter ses effluents dans la Vilaine. « La réglementation nous impose d’avoir des cuves et d’aller un peu plus loin sur l’eau pour les vider », explique Olivier. Dans les faits, personne ne s’y tient et tous les rejets finissent dans le canal ou la Vilaine.

Consciente du problème, la ville souhaite clarifier les obligations de chacun des occupants de péniches « notamment sur le respect de l’environnement », précise Sébastien Sémeril. Une fois la charte adoptée, la municipalité envisage de développer d’autres lieux pouvant accueillir des péniches habitées, au canal Saint-Martin et le long du quai Saint-Cyr. « Ce qui m’inquiète, c’est l’état des canaux. On y trouve beaucoup d’algues et je me demande si ça va rester navigable », s’interroge Olivier.