Pourquoi Rennes a-t-elle tellement la cote chez ses habitants ?

EXCLUSIF La plateforme Regionsjob et le cabinet Hays ont interrogé des habitants des plus grandes villes françaises sur le bien vivre dans leur cité. Rennes ressort en tête du classement

Camille Allain

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La place de la Mairie, à Rennes et son célèbre manège ancien.
La place de la Mairie, à Rennes et son célèbre manège ancien. — C. Allain / 20 Minutes
  • Une enquête menée par la plateforme Regionsjob et le cabinet Hays place Rennes en tête des villes françaises les plus attractives.
  • Longtemps dans l’ombre, la capitale bretonne truste toujours les premières places des palmarès.
  • Rennes est portée par un marché de l’emploi dynamique mais aussi son cadre de vie agréable et son accessibilité.

La Rennes des palmarès. Depuis quelques années, les études autour du bien vivre se suivent et se ressemblent pour la capitale bretonne. Sans cesse bien placée, Rennes s’adjuge ce mercredi le titre de ville la plus attractive de France, à en croire une enquête menée par la plateforme Regionsjob et le cabinet Hays et révélée par 20 Minutes.

Métropole attractive, cité étudiante plébiscitée des jeunes et capitale d’une région à l’identité bien affirmée, Rennes semble plaire à ses habitants. Voici quelques-uns des ingrédients de la recette de cette relation affectueuse.

Un marché de l’emploi hyper dynamique

Dans le pays de Rennes, les derniers chiffres font état d’un taux de chômage à 6,4 %. Qui dit mieux ? Un chiffre de deux points inférieur à la moyenne nationale proche du plein-emploi qui offre de nombreuses possibilités d’embauche aux habitants de la métropole. « On a la sensation qu’une famille peut créer son projet de vie ici. Le dynamisme économique assure un emploi mais il n’y a pas que ça. C’est une ville à taille humaine, accessible qui offre tous les services », assure Jean-François Kerroc’h, directeur de Destination Rennes, l’organisme chargé de la promotion du territoire.

Ce sentiment de bien-vivre incite même les jeunes à rentrer au pays. « La ville est attractive mais ça n’empêche pas les jeunes de partir pour leurs études ou leur premier job. On les voit revenir, surtout vers la trentaine, car ils ont la possibilité de trouver du travail », analyse Christophe Moreau, sociologue installé près de Rennes. La métropole abrite à elle seule 21 % des Bretons âgés de 15 à 29 ans. « Cela crée une dynamique, quelque chose de juvénile ».

Une métropole à taille humaine

Ni trop grande, ni trop petite. Avec ses 215.000 habitants, Rennes se place aux portes du top 10 des villes françaises les plus peuplées. Devant elle ? Lille. Derrière elle ? Reims. Par sa taille moyenne, la capitale bretonne peut au choix être considérée comme une petite grande ville ou une grande petite ville. « C’est à taille humaine. On a tout ce qu’il faut sans être obligés de faire des kilomètres », explique Elise, hôtesse de l’air installée à Vern-sur-Seiche.

Maman de deux enfants, elle a grandi ici et s’y plaît toujours. « J’ai parfois dû partir pour les études ou le travail. Mais je suis toujours revenue, j’y suis attachée ». Son seul regret ? Le prix du logement qui l’a poussée à investir en deuxième couronne et à quitter la ville centre au moment de fonder une famille. La construction de la métropole en « archipel » permet aux habitants de très vite gagner la campagne et de souffler.

Une ambiance décontractée

« Ici, les gens sont sympas, ils sont souriants, accueillants. Tout le monde me dit ça ». Jean-Tevai a grandi à Betton, avant de rejoindre Rennes quand il a eu 18 ans il y a quelques mois. Le jeune majeur déplore en revanche un sentiment « d’insécurité » le soir quand il sort dans le centre-ville. Mais à part ça « j’adore cette ville, surtout quand tu es étudiant ».

Première du classement pour la qualité de vie, Rennes semble profiter à la fois de son identité bretonne affirmée, de son cadre de vie verdoyant et de la proximité de la mer. « On est à moins d’une heure de Saint-Malo, c’est un luxe », résume Marie, la trentaine, adepte des virées sur la côte d’Emeraude.

Des quartiers inclus dans la ville

« Rennes est une ville accueillante parce qu’elle est populaire. Sur ce point, elle est bien différente de Bordeaux ou Toulouse », estime le sociologue Christophe Moreau. Dans une région où les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres sont les plus faibles de France, Rennes a réussi à instaurer une mixité.

« Il y a des quartiers mais ils sont imbriqués dans la ville, ils ne sont pas cloisonnés. A Rennes, il n’y a pas de banlieue, pas de sentiment de repli sur soi », poursuit le chercheur en sciences humaines, qui loue au passage le travail de longue date entrepris en faveur du logement social. Un domaine où la capitale bretonne est toujours citée en exemple.

Une image améliorée

La statistique va flatter l’ego des élus en place. D’après l’enquête de Regionsjob et Hayes, 47 % des sondés considèrent que l’image de la ville s’est améliorée ces douze derniers mois, et seulement 14 % estiment qu’elle s’est dégradée. En France, personne ne fait mieux.

« Rennes fait un carton plein », résume l’auteur de l’enquête. Le dynamisme du marché de l’emploi joue mais les lourds investissements pour aménager de nouveaux lieux de sortie ou de balades semblent plébiscités. « On a la sensation que la ville a changé d’échelle tout en restant à taille humaine. Les gens de l’extérieur savent que ça bouge, il y a une perception sympathique », conclut Jean-François Kerroc’h.