Grève du 5 décembre à Rennes : « Les incidents ne doivent pas masquer la forte mobilisation », estiment les syndicats

MANIFESTATION Entre 13.000 et 15.000 manifestants ont défilé ce jeudi contre la réforme des retraites

Camille Allain

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Des feux de poubelle ont été allumés à Rennes à l'occasion de la grève du 5 décembre 2019. Lancer le diaporama
Des feux de poubelle ont été allumés à Rennes à l'occasion de la grève du 5 décembre 2019. — C. Allain / 20 Minutes
  • Environ 15.000 personnes ont défilé dans les rues de Rennes à l'occasion de la grève du 5 décembre.
  • Une mobilisation «forte» selon les syndicats, qui entendent poursuivre le mouvement. 
  • Dans le cortège, des casseurs ont fracassé des vitrines de banques, agences immobilières, agences interim, mutuelles et quelques voitures. 

Deux cortèges, deux ambiances. Ce jeudi, la manifestation contre la réforme des retraites s’est rapidement scindée en deux. D’un côté, un cortège bien fourni a défilé selon le parcours déposé en préfecture, sans incident. Dans le même temps, quelques centaines de personnes s’agitaient à l’avant du défilé pour mener des « actions » visant « à détruire le capitalisme » dans le cadre de la grève du 5 décembre

De nombreuses vitrines de banques, agences intérim, agences immobilières ou mutuelles ont été fracassées à coups de pierres, de masse ou de pied par quelques individus cagoulés. Quelques voitures ont également été dégradées. « Les incidents ne doivent pas masquer la forte mobilisation », lance Fabrice Lerestif, leader départemental du syndicat Force Ouvrière. Dix personnes ont été placées en garde à vue en fin de journée, selon la préfecture.

Selon les syndicats, environ 15.000 personnes ont défilé plusieurs heures dans les rues de Rennes ce jeudi matin. La police évoque quant à elle 13.000 manifestants. Une mobilisation conséquente, bien supérieure à celles organisées contre la loi Travail. « Cette réforme va aggraver la précarité des gens, et notamment des femmes. C’est pour ça que nous étions là aujourd’hui », témoigne Juliette, membre du collectif Nous Toutes 35.

« La colère est générale »

Pendant que des casseurs s’attaquaient aux vitrines du boulevard de la Liberté, c’est son collectif qui a pris la tête de la manifestation, chantant à en perdre la voix. « Je ne commente pas ce que font les autres. Mais si nous nous sommes mises devant, c’était aussi pour montrer notre présence. Etre visibles, c’est important, nous voulons appeler toutes les femmes à nous rejoindre », poursuit la militante féministe.

Pendant que la tension montait entre des casseurs cachés sous des parapluies et des employés voyant leurs vitrines se briser, l’imposant cortège continuait de crier son opposition à la politique d’Emmanuel Macron​, avec l’espoir de faire plier le gouvernement. « Nous avons vu autant de gens du public que du privé, ça montre que la colère est générale. Mais cette mobilisation ne suffit pas », avance Fabrice Lerestif. Le leader de Force Ouvrière en appelle, comme toujours, à la grève générale et espère voir l’ensemble des salariés se mobiliser. « Nous avons la même mobilisation qu’en 1995 (contre le plan Juppé réformant les retraites et la Sécurité sociale). Et nous avions gagné. Il faut continuer », martèle le syndicaliste.

La mobilisation semble déjà se poursuivre à la SNCF. Vendredi, seul un TER sur dix circulera en Bretagne, soit 27 au total sur l’ensemble de la journée. Et seuls trois allers-retours seront effectués entre Rennes et Paris. Des barrages filtrants sont également annoncés par les entreprises de transport routier pour la journée de samedi, notamment entre Rennes et Nantes. Les professionnels veulent dénoncer une possible révision de la taxe sur le carburant professionnel envisagée pour janvier. Pour une convergence des luttes ? Les syndicats l’espèrent.